Playlist – Novembre 2021

Retrouvez notre playlist du mois de novembre sur YouTube, Spotify, Deezer et Apple Music avec 20 titres de rappeuses et rappeurs·euses LGBT+ du monde entier !

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Avec :

  • Skia (France, Limousin/Paris)
  • Nanor (France, Paris/Montpellier)
  • Chilla, Davinhor, Vicky R, Le Juiice & Bianca Costa (France)
  • Turtle White (France, Montreuil)
  • Oxytocine (France, Paris)
  • Lakesabe (France, Paris)
  • Sorah (France/Berlin)
  • Alice Dee (Allemagne)
  • Badmomzjay (Allemagne)
  • Raja Meziane (Algérie/Tchéquie)
  • Sister LB (Sénégal)
  • Utaha (Japon)
  • Masia One (Singapour)
  • Tesa (Espagne, Valence)
  • Astrid Cruz (Mexique)
  • La Joaqui (Argentine)
  • Jess B (Nouvelle-Zélande)
  • Nesha Nycee (États-Unis, Atlanta)
  • Haviah Mighty & Dai Burger (Canada,Toronto/États-Unis, New York)
  • Blimes (États-Unis, San Francisco)

Madame Talk x Kelyboy

Découvrez notre podcast Madame Talk avec la productrice/musicienne et DJ Kelyboy !

KelyBoy, Eléna à la ville, grandit à côté de Rennes avec une mère professeure de danse et baigne très tôt dans la musique.

Enfant, les murs de sa chambre sont tapissés d’images de magazines de graff, de skate et de sports extrêmes. Elle développe une véritable passion pour les visuels flashy, les couleurs fluo et les esthétiques « tuning ». Elle écoute également beaucoup la radio, notamment Radio FG et Fun Radio, ce qui forgera plus tard son intérêt pour les sons électroniques, mélodiques et dansants.

À l’âge de 10 ans, elle découvre le breakdance et s’investit pleinement dans la danse au point de songer en faire son métier. Lors de battles, elle croise différents acteurs de la culture hip hop, rappeurs, DJs ou graffeurs, et évolue sur cette scène bretonne.

Un jour, elle reçoit en cadeau l’album « The Eminem Show » et un dictionnaire d’anglais Robert & Collins. Elle passe alors des journées entières à traduire les paroles du rappeur américain et écrit des textes qu’elle poste sur des skyblogs.

En parallèle, et après avoir participé à plusieurs groupes de musique, elle décide de développer un projet en solo. Elle achète des platines avec son premier salaire et commence à mixer dans des bars.

Aujourd’hui basée à Paris, Kelyboy est toujours un véritable couteau-suisse : elle fait de la production, du mix, écrit, chante, rappe, joue de plusieurs instruments et se produit en live et en DJ set. L’artiste nous parle de ses nombreux projets, dont un album de productrice en préparation, de son féminisme queer « soft power » et des difficultés que rencontrent les femmes pour exister dans le rap et le beatmaking.

Écouter le podcast sur toutes les plateformes.

30 chansons populaires qui font l’apologie de la pédocriminalité et de l’inceste

En ce 18 novembre, Journée européenne pour la protection des enfants contre l’exploitation et les abus sexuels, (et à l’avant-veille du 20 novembre, journée internationale des droits des enfants), Madame Rap vous a concocté une sélection de 30 chansons populaires qui font l’apologie de la pédocriminalité et de l’inceste.

[TW : inceste, pédocriminalité, violences sexuelles]

Si le rap reste désigné par la culture dominante comme la musique la plus violente et sexiste qui soit, ces chansons de variété, pop ou rock, sorties entre 1961 et 2008, banalisent la culture du viol, la pédophilie et glamourisent les violences sexuelles faites aux enfants.

Un florilège nauséabond qui se décline sous diverses formes : des agressions sexuelles de fans présentées comme des romances consenties (et rock n’roll), des désirs pédophiles vendus comme de sulfureuses transgressions, des jeunes filles de 15 ans décrites comme des aguicheuses assoiffées de sexe piégeant de pauvres hommes de 40 ans, ou des fantasmes, voire des récits, d’incestes. Ces textes posent de nombreuses questions. Pourquoi, aujourd’hui, post #MeToo, ne sommes-nous pas capables de fustiger ces paroles plus que problématiques ? Il est urgent de les condamner car elles ont forgé les imaginaires de générations entières et accompagné de nombreux moments de nos vies quotidiennes, amoureuses, festives, familiales ou intimes.

Aussi, alors que l’on continue de nier aux rappeurs leur qualité d’auteurs, leur capacité de narration et de second degré, ces grands messieurs de la chanson peuvent se draper dans leur masculinité bien normée pour bénéficier d’une totale impunité. Mieux encore, ils sont érigés en poètes, génies, fiertés de notre héritage culturel, modèles à suivre ou gentlemen à convoiter. Certains de leurs écrits s’apparentent pourtant clairement à de la prédation.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les images, textes ou représentations sexualisant les enfants et célébrant la pédophilie ne sont pas exceptionnels mais systémiques et totalement acceptés dans notre société. Ils gangrènent la littérature, le cinéma, les arts, la musique, les médias, la publicité et la culture populaire depuis trop longtemps. Si nous ne sommes pas capables de le reconnaître, comment prendre correctement les victimes en charge et prétendre endiguer ces violences ?

Avec :

  • Johnny Burnette – You’re Sixteen, écrit par Robert B. Sherman & Richard M. Sherman (1961)
  • Charles Aznavour – Trousse chemise , écrit par Charles Aznavour & Jacques Mareuil (1962)
  • The Beatles – I Saw Her Standing There, écrit par John Lennon & Paul Mc Cartney (1963)
  • Them & Van Morrison – Hey Girl, écrit par Van Morrison (1966)
  • The Doors – Alabama Song, écrit par Kurt Weill & Bertolt Brecht (1967)
  • Neil Diamond – Girl, You’ll Be a Woman Soon (1967)
  • Antoine – Je l’appelle Cannelle (1967)
  • The Rolling Stones – Stray Cat Blues, écrit par Mick Jagger & Keith Richards (1968)
  • Claude François – Bye bye petite Julie (1971)
  • Serge Lama – Chez moi (1974)
  • Maxime Le Forestier – La Poupée (1975)
  • Steely Dan – Everyone’s Gone to the Movies, écrit par Walter Becker & Donald Fagen (1975)
  • Gaston Schaefer – Elle n’a peut-être pas 15 ans (1976)
  • Joe Dassin – Il était une fois nous deux, écrit par Claude Lemesle & Pierre Delanoë (1976)
  • Kiss – Christine Sixteen, écrit par Gene Simmons (1977)
  • Renaud – Adieu Minette (1977)
  • Cheap Trick – Daddy Should Have Stayed In School, écrit par Rick Nielsen (1977)
  • The Police – Don’t Stand So Close To Me, écrit par Sting (1980)
  • Motörhead – Jailbait, écrit par Lemmy, Phil Taylor & Eddie Clarke (1980)
  • Ted Nugent – Jailbait (1981)
  • Bruce Springsteen – I’m On Fire (1984)
  • Spinal Tap – Tonight I’m Gonna Rock You, écrit par Harry Shearer, Michael McKean, Christopher Guest & Rob Reiner (1984)
  • Serge Gainsbourg – Lemon Incest (1984)
  • George Michael – Father Figure (1987)
  • Mötley Crüe – All In The Name Of…, écrit par Nikki Sixx (1987)
  • Winger – Seventeen, écrit par Beau Hill, Reb Beach & Kip Winger (1988)
  • Weezer – Across the Sea, écrit par Rivers Cuomo (1996)
  • Garou – Criminel, écrit par Luc Plamondon & Franck Langolff (2000)
  • Alizée – Lolita, écrit par Mylène Farmer & Laurent Boutonnat (2000)
  • Julia – S.E.X.T.O., écrit par Mylène Farmer & Laurent Boutonnat (2018)

À lire aussi : 30 chansons populaires bien sexistes qui ne sont pas du rap Part 1 et Part 2 et 30 punchlines sexistes qui ne sont pas du rap mais de la littérature !

KHARAY : « Le rap m’aide à extérioriser ma colère »

D’origine guadeloupéenne et basée à Dijon, KHARAY est rappeuse, chanteuse, musicienne professionnelle, autrice, compositrice et interprète. L’artiste de 24 ans nous parle de son parcours dans le hip hop, de son premier album en préparation et de son intérêt pour l’enseignement musical. 

Doù vient le nom KHARAY ?

Le nom KHARAY vient du mot « Caraïbes », c’est un hommage au bassin caribéen. Il signifie aussi « Kawaii », qui est un petit clin d’œil à la culture japonaise parce que je suis super fan du Japon.

Quand et comment as-tu découvert le hip hop ? 

J’ai découvert le hip hop quand j’avais 8 ans je pense, avec la chanson Lose Control de Missy Elliott. La première fois que j’ai entendu cette chanson, c’était avec le clip et j’ai été époustouflée par l’arrangement musical, les flows et le mélange rap/chant. Chacune des énergies musicales présente dans le morceau est illustrée avec des mises en scène totalement différentes les unes des autres.

Quand et comment as-tu commencé à rapper ?

J’ai commencé à rapper vers l’âge de 15 ans, quand j’ai découvert Nicki Minaj par le biais d’une amie. La chanson qui m’a fait aimer rapper est Beez In The Trap en featuring avec 2 Chainz. J’étais en kiff et l’instru me faisait bader. C’était tellement différent du rap français que je trouvais un peu trop gentil. Par la suite, j’ai fait des reprises de toutes ses chansons, rap et chant, parce qu’elle est aussi chanteuse, même si elle est moins connue pour ça. Et je pense avoir commencé à écrire mes propres textes rap vers 16-17 ans.

Lequel de tes morceaux te représente le mieux et pourquoi ?

J’ai peu de morceaux sur les plateformes, mais je suis actuellement en pleine préparation d’un album. Et parmi ces morceaux, je dirais que celui qui me représente le plus est SHEESH. C’est un morceau en créole et anglais.

Pour le contexte, j’ai écrit ce morceau après une défaite à un concours de rap. Je m’étais préparée comme une dingue, chaque punchline et chaque flow étaient bien pensés autour d’un thème. J’avais même fait plein de recherches sur le net et tout mdrrr, je suis très dévouée et perfectionniste.

J’étais vraiment en colère et j’avais une prod qui traînait sur mon ordi depuis un moment. Quand je suis énervée, ou que j’ai besoin de me faire réellement comprendre, le créole sort naturellement. Donc j’ai branché mon micro et ma carte son et le reste est parti en freestyle.

Dedans je parle de mes ambitions, mes inspirations, ma famille, mon île. Mais surtout je m’impose en pointant le fait que j’ai besoin de ça pour avancer dans ma vie, pour me prouver que je peux y arriver. Même si mon talent ne suffit pas aux autres, pour moi il est suffisant. Je ne fais pas de la musique/du rap dans le but de m’amuser ou gagner de l’argent, mais vraiment parce que c’est vital pour moi.

J’ai des soucis de gestion de colère, d’anxiété et d’angoisse à la suite d’évènements qui se sont passés dans ma vie. Et le rap m’aide à extérioriser cette colère qui est parfois très étouffante. C’est bien de vivre de sa passion, mais c’est encore mieux si on le fait parce que ça nous aide à nous sentir bien.

Comment travailles-tu la composition et l’écriture de tes morceaux ?

J’ai deux processus de création qui sont à peu près similaires.

Quand je compose une prod, je le fais en fonction de ce que ressens sur le moment. Je collabore aussi avec d’autres compositeurs, je ne fais pas toutes mes prods. Lorsque je finis un son, ou que j’en choisis un qui me plaît parmi ceux qui me sont proposés, je fais des toplines avec des mots, des sons et des rimes que je vais utiliser ou non comme modèle pour l’écriture. Avant d’écrire je pars d’un thème que j’essaye d’illustrer au mieux.

Tout en écoutant les toplines, soit je me pose pour écrire sur mon cahier, quand je veux prendre le temps de faire quelque chose de construit et complexe en écriture, soit je branche mon matos à l’ordi et je freestyle ou j’improvise. Je le fais quand je sais que je ne vais pas ressentir le besoin d’écrire parce que tout se fera naturellement. C’est un fort sentiment d’urgence de composition qui me prend quand je compose comme cela.

Il m’arrive aussi, mais rarement, d’écrire le texte avant la prod, c’est uniquement quand je pars sur une base de poème que j’ai écrit. Et par la suite, je fais des retouches sur le texte au niveau de la syntaxe pour qu’il n’y ait pas de choses qui dérangent sur la prosodie.

Quelles sont les femmes, connues ou pas, qui tinspirent ? 

Ce sont surtout des femcees qui m’inspirent à vrai dire. En France, j’ai grandi avec une admiration pour Diam’s et son œuvre, que je redécouvre avec grand plaisir ces dernières semaines. Sans même parler de la puissance de ses textes et de la porte qu’elle a ouverte en France aux femcees, elle pouvait s’habiller en streetwear et laisser son rap parler pour elle plutôt que son apparence. De plus, elle a été la première dans l’industrie en France à parler ouvertement de santé mentale.

Pour les USA, je dirais Nicki Minaj pour son influence incontestable malgré tout ce que les gens disaient sur elle à cette époque. Elle osait être sexy, et se mêler au rap masculin, elle n’avait pas peur de s’imposer et d’être différente. A l’époque, elle se faisait diss pour ce qui est à la mode de nos jours.

Te définis-tu comme féministe ? Si oui, comment définirais-tu ton propre féminisme ? 

Je suis féministe mais je ne le dis pas forcément parce que je le pense comme une façon de vivre plutôt qu’un mouvement. C’est naturel pour moi de me sentir comme égale à l’homme et de ne pas me mettre de limites parce que je suis une femme. C’est tellement normal pour moi que parfois, il m’arrive même d’oublier que tout le monde ne pense pas comme ça. Cependant, je me décrirais comme engagée dans une démarche de sororité.

Le rap est-il ta principale activité aujourdhui ? Si non, est-ce un objectif ?

Le rap est une de mes activités principales mais j’en ai d’autres. Il y a aussi le chant que j’ai découvert beaucoup plus jeune vers l’âge de 6 ans. Et je fais aussi des études de musique actuellement en triple cursus. Je prépare une formation en licence de musicologie, un Diplôme National Supérieur Professionnel de Musicien et aussi un DE de professeur de musique. C’est un de mes objectifs de vivre de mes passions musicales (rap/chant/composition) mais j’ai aussi envie d’enseigner la musique. Je verrais bien en fonction de ce que l’avenir me réserve.

Quels sont tes projets à venir ? En quoi le Covid a-t-il impacté ton activité ?

J’ai profité des vacances d’été pour finir l’écriture de mon premier album qui, j’espère, sortira bientôt. Il sera composé de 9 titres, avec des morceaux rappés et chantés. Trouver un équilibre entre le chant et le rap dans la tracklist, c’est important pour moi, parce que je ne cherche pas à ce qu’il y ait de distinction entre ces deux disciplines. Je suis une rappeuse et une chanteuse, pas l’un ou l’autre.

J’ai aussi monté un groupe qui s’appelle KHARAY & The Waves dans lequel je suis accompagnée par deux amis qui sont des musiciens talentueux.

Le Covid a pas mal impacté mon activité en ce qui concerne les opportunités de pouvoir faire des concerts ou encore des petites habitudes que j’avais de faire des jams sessions dans les bars. C’était plutôt ardu de pas pouvoir faire de la musique avec d’autres personnes comme avant. Mais cela m’a permis de pouvoir me concentrer sur ma musique, sur ma vie personnelle et davantage sur mes études.

Que penses-tu de Madame Rap ? Des choses à changer/améliorer ?

Je trouve que Madame Rap est le média qui met le plus en valeur les rappeuses, peu importe leur notoriété. Ce que j’aime particulièrement, c’est que, pour vous, le talent l’emporte sur l’effet de popularité, ce qu’on ne trouve pas dans d’autres médias. Pour moi, il n’y a rien à changer, je dirais même que vous êtes sur la bonne voie. Merci de mettre en lumière les femmes du rap game.

Retrouvez KHARAY sur InstagramFacebookTwitterSoundcloud et YouTube.

Wasted180 : « Le rap, c’est mon phare dans la tempête »

Basée dans le 7e arrondissement de Lyon, la rappeuse Wasted180 se définit comme « trans, queer, lesbienne et folle ». Elle nous parle de son parcours dans le rap, de ses influences et de son premier album « Morte à l’intérieur » sorti le 31 octobre. 

Quand et comment as-tu découvert le rap ?

Ma première rencontre avec le rap, c’était dans les stands à CDs d’un Carrefour. Avec ma sœur, on écoutait les titres gratuits de Sinik, Diam’s, Booba, Sniper et Raï’n’B Fever. Les années 2000 n’ont pas été de très bonnes années pour le rap et les rencontres m’ont fait dériver vers le métal. J’écoutais à droite à gauche Stupeflip, Fuzati (beurk) et toute la clique de l’atelier.

J’ai recollé les morceaux avec le rap quand il a muté dans la décennie d’après. Je suis redescendue de mon égo de beauf métalleuse avec « Le Monde Chico » de PNL et « Nero Némésis » de Booba. Je les ponce encore ad nauseam aujourd’hui. Que des mecs malheureusement, si seulement j’avais connu un site ou un zine sur les rappeuses ! Moi qui n’ai jamais aimé Keny Arkana … Bref !

Depuis quand rappes-tu ?

J’écris des textes depuis mes 11 ans. J’ai épisodiquement essayé d’écrire du rap et j’ai toujours abandonné. Je ne me trouvais pas assez bonne et je pense que même le plus mauvais rappeur place la barre bien plus haut que dans beaucoup d’autres genres. Je n’étais jamais satisfaite de ce que je faisais, ça n’avait pas d’âme.

Au lycée, j’ai écrit une dizaine de textes que je rappais en m’accompagnant à la guitare acoustique pour mes potes et j’ai fait quelques essais dans un cercle de MCs en herbe en terminale. J’aimais bien l’ambiance mais j’ai abandonné, je n’allais nulle part.

Qu’est-ce qui t’a poussée à te lancer ?

J’ai continué la musique de groupes en projets. J’ai fait du punk, du metal, de la noise jusqu’à rencontrer SilenTeacher, dont on ne compte plus les projets aussi incroyables que méconnus, qui m’a tendue la main pour créer Anhedonic Front, collectif et label où je suis entrée entant que Sphère Grise, un vieux projet de drone metal.

Le temps a passé jusqu’à ce que je récupère un vieux texte sur une feuille volante et que j’en fasse un freestyle. SilenTeacher m’a proposé de faire des essais sur une prod et c’est là que l’aventure a commencé : avec Brouillard, qu’on peut écouter sur mon premier EP « Tapette Hostile ». Je l’ai signé sous le blaze Dsstr180, mais j’ai changé parce que personne n’arrivait à le prononcer. J’ai gardé le 180. Je ne veux pas expliquer ce que 180 veut dire, le moment n’est pas encore venu, peut-être que je mourrai avant.

Comment définirais-tu ton univers artistique ?

Poisseux, contradictoire, violent, fou. J’aime parler de choses que j’ai vécues ou au plus loin que des proches ont vécues. La transpédégouinerie fauchée, parfois déclassée, qui survit et qui fait de son mieux entre violence systémique, histoires d’amour, histoires de cul, substances, embrouilles, mauvaise santé physique et mentale, squats, concerts. La piraterie que les cishets n’imaginent pas. Je trempe là-dedans depuis des années maintenant, et j’ai des choses à dire.

Ce qui m’a bloquée pendant longtemps pour écrire du rap, c’est qu’il est dur de ne pas recopier ses artistes fétiches alors qu’on n’a pas leur vécu. J’ai appris à dompter ce qu’il y a de moche dans ma vie pour blaster le plus viscéralement possible. Toute ma haine, ma rancœur et l’amour pour ceulles qui ont la même. Quand j’écris, j’ai une revanche à prendre. C’est ma recette.

En termes de musicalité, je suis une fan d’influences trap et 80s. La synthwave, le post-punk, mais aussi la noise. J’aime quand ça sonne artisanal et crasseux avec des synthés criards ou dans des nappes vaporeuses et aériennes. Punk, trap, noise, post-punk, techno, je mélange ça comme le macérât de Poussey Washington et je sers ça à la pédalerie française avec amour.

Tu viens de sortir ton premier album « Morte à l’intérieur ». Comment et avec qui as-tu travaillé sur ce projet ?

« Tapette Hostile » est un EP brouillon que j’ai sorti à peine cuit l’année passée, en boxe ce serait le poing avant foireux qu’on envoie pour tester les eaux avant de mettre le brise-genou et l’uppercut.

« Morte à l’intérieur », c’est l’évolution de la santé mentale vers un état de colère perdue d’avance et vaine, quand on passe du désespoir à la colère alors qu’on est déjà vidé·e à force de se débattre. Donc mort·e à l’intérieur. Je travaille généralement seule ou accompagnée de ma seule clique artistique : Anhedonic Front. Collectif de musique post-internet de weirdos, avec du rap mais pas que, loin de là. Je l’ai cofondé avec d’autres comme Kobalt (Ptn), SilenTeacher (Brouillard et à la prod de Rabi’a sur l’album) et 97Lovesuicide (dans Fange sur l’album). Ces 2 dernier·e·s m’ont énormément conseillée artistiquement et techniquement, je leur dois beaucoup.

Je sors peu hors de mon équipe : parmi les exceptions, la pochette de « Morte à l’intérieur » est faite par Lola Xx, aussi talentueuse qu’ultragay, PD Ma Life Aka Johnny Winston (les backs dans PATC), dans le top 10 des humain·e·s vivant à Lyon, et Vengeance, un featuring sur l’album avec Gaurmiua, la cybervocaliste tueuse de beat d’Okplague. Enfin, j’ai fait appel à l’actrice voix et ASMRiste américaine Mother Macabre pour les samples de voix qu’on entend un peu partout dans l’album.

Mais à la fin des courses, c’est moi face à mon logiciel. Je fais la prod, le texte, le mix, le mastering, les quelques parties instrumentales, la recherche de promo, la com’ toute seule. J’ai mon home studio dans ma piaule.

Comment travailles-tu tes textes et choisis-tu tes prods ? Est-ce que tu pars du texte ou de la musique ? Ou les deux ?

Quand j’écris, le plus souvent j’attrape une phrase qui me parle en plein vol qui me vient en tête ou que j’entends quelque part. Parfois, je lui fais cracher des pages de couplets entiers, d’autres fois, elle reste orpheline et servira à faire rimer une meilleure punchline plus tard. Quand je finis un couplet, je le laisse macérer un moment et j’y reviens pour le réécrire encore plus fort. Quand je n’arrive plus à écrire, je retourne dans mon carnet pour chercher des bouts que je n’ai pas encore utilisés.

Avant, j’écrivais avant de faire la musique. J’avais le BPM et un peu du beat dans ma tête et je faisais la musique après. L’inspi pour écrire est tellement volatile que je dois parfois sortir mon carnet sans avoir de prod. Ça explique la structure chaotique de certains sons.

Maintenant, je fais un effort et je fais mes prods avant mais généralement, je fais juste 3 minutes de même boucles, j’écris dessus en repeat, j’enregistre et je sculpte ma prod sur les temps que j’estime plus forts. Je fais mes prods sur Ardour parce que je suis la bitch à Linux. En général, je n’ai aucune idée de ce que je veux à part le BPM et une vague idée du niveau de violence dont j’ai envie.

Chaque son que je torche est à des années-lumière de ce que j’avais dans ma tête, mais j’aime bien l’idée que même moi n’ai pas le contrôle à 100 % sur ce que je fais, comme ça, moi aussi je découvre à l’écoute.

Quel•les sont les artistes qui t’inspirent ?

SilenTeacher et ses anciens projets ont été une influence à elle seule.

Dans l’écriture, mes maîtres à penser sont PNL. J’adore leur manière de créer un univers. Faire un son tellement profond que la simple évocation du titre dans une punchline ultérieure lui donne la même profondeur que le son en question, jusqu’à s’enfoncer dans son propre langage qu’on comprend en fouillant.

J’aime l’art de la synthèse et de l’image de Booba, qui sait évoquer toute une palette de moods en 3 lignes et une punchline.

Rebecca Warrior dans Sexy Sushi, son énergie, sa simplicité et tout l’univers qu’elle crée avec des images chaotiques et hypersexuelles.

Sinon, j’aime la SF et l’imaginaire du transhumanisme. J’aime cette idée de l’humanité qui se mute et qui se transforme, qui repousse les limites de son corps. La littérature SF classique comme Isaac Asimov, c’est sympa mais trop austère. Les nouveaux médias comme les visual novels (Full Service Shop), les mangas (Requiem le chevalier vampire, Soul drifters), Black Mirror, Altered Carbone, les jeux vidéo comme Cyberpunk ou Cloudpunk.

J’aime les images et les ambiances « star gazing » qui rêvent de s’élever dans les étoiles, comme dans PNL, mais aussi de manière plus subtile comme dans Des souris et des hommes ou Madame Bovary, où les « stargazers » ne se sortent jamais de la fange dont iels veulent s’extraire. Et d’une manière détournée, la culture internet et les memes. L’esthétique et l’ambiance me parlent mais je ne vais pas risquer à m’étaler là-dessus.

Comment définirais-tu ton propre féminisme ?

Mon féminisme est solidaire, intersectionnel, anticapitaliste, anti-carcéral. Queer, mais pas dans la recherche individuelle de son émancipation sexuelle, plus dans le fait de considérer l’hétérosexualité comme une culture dominante et sa périphérie délaissée qui ne peut compter que sur elle-même dans sa passion et son imperfection pour se souder, exister par elle-même et un jour peut-être se soulever et mettre l’espace public à feu et à sang. Loin de Twitter et de cette ambiance toxique, si possible.


Le rap est-il ta principale activité aujourd’hui ? Si non,
est-ce un objectif à terme ?

Oui et non. J’ai abandonné les études et je ne veux plus jamais m’humilier dans le monde du travail, si Dieu le veut. Je suis dans une étape de purgatoire social et je ne sais pas ce que je vais devenir dans le futur. Le rap, c’est mon phare dans la tempête mais je ne m’attends pas à percer.

Le rap indé prend sa revanche ces dernières années alors qui sait. Mais à moins d’édulcorer ce que je fais, abandonner A.F pour un gros label et déléguer la production à quelqu’un qui sait vendre je n’en ai pas l’envie, je suis bien dans l’underground. Je veux rapper aussi longtemps que je le peux, mais ça m’étonnerait que ce soit mon gagne-pain un jour.

As-tu d’autres projets après cet album ?

J’ai commencé à bosser sur « Morte à l’intérieur » avant même la sortie de « Tapette Hostile », et là, c’est pareil. J’ai déjà mis des sons à macérer et le 2e album est sur les braises. La pochette est même déjà disséminée aux quatre coins de mes apparitions sur internet.

Où peut-on te retrouver sur les réseaux ?

J’ai insta. Je shit poste et je mets mes actus. Suivez aussi @anhedonicfrontisreal pour donner de la force à toutes mes pétasses. Mes sons sont trouvables sur Soundcloud, Spotify, Bandcamp et Deezer. Toi, le public de Madame Rap, si tu veux envoyer du fric, j’ai un Tipeee aussi, ainsi qu’un catalogue de T-shirts à recevoir par mail sur wasted180@riseup.net.

Que penses-tu de Madame Rap ? Des choses à changer/améliorer ?

J’aime beaucoup Madame Rap. J’ai découvert Lala &ce et Blu Samu grâce à vous et ça a changé ma vie. Je n’ai pas d’idée à proposer pour changer des choses, continuez à promouvoir la fine fleur de la piraterie. « Morte à l’intérieur » est dispo sur Soundcloud, Spotify et Deezer. Faut blaster ça dans la playlist pour ton crush !

Retrouvez Wasted180 sur SoundcloudInstagram et ailleurs

Madame Rap lance sa campagne d’adhésions pour 2021-2022 !

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Ouverte à toustes, l’adhésion à l’association coûte 10 euros par an, selon l’année scolaire, soit jusqu’au 30 juin 2022 inclus (si vous le souhaitez, vous pouvez aussi soutenir Madame Rap en faisant un don ! ).

 

 

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Playlist – Octobre 2021

Retrouvez notre playlist du mois d’octobre sur YouTube, Spotify, Deezer et Apple Music avec 20 titres de rappeuses du monde entier !


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Avec :

  • Pearly (France, Paris)
  • AliasJazz (France/Québec)
  • Le Juiice (France, Boissy-Saint-Léger)
  • Nadia Nakai (Afrique du Sud)
  • MC Caro (Libéria)
  • Justina (Iran)
  • Adden (Allemagne)
  • Palas (Allemagne)
  • Alice Dee & Sorah (Allemagne)
  • Bronx7 (Pologne)
  • Russa (Portugal)
  • Fenda (Brésil)
  • Huda (Maroc/Espagne)
  • Tracy De Sà (Inde/Espagne/France)
  • Yoss Bones & Neblinna (Mexique/Venezuela)
  • Awich (Japon)
  • Jessi (Corée du Sud/New York)
  • Ky Ani (États-Unis, New York)
  • Connie Diiamond (États-Unis, New York)
  • Remy Ma (États-Unis, New York)

10 rappeuses lilloises et roubaisiennes à écouter au plus vite

Si Gradur et Axiom ont permis de mettre un coup de projecteur sur le rap roubaisien et lillois, de nombreuses rappeuses participent également à la vie et au rayonnement de cette scène nordiste. Voici 10 artistes originaires de Lille et de Roubaix à écouter au plus vite !

Eesah Yasuke

Rien ne destinait Eesah Yasuke à devenir rappeuse. À l’adolescence, la Roubaisienne pratique l’athlétisme et souhaite s’orienter vers une carrière de sportive professionnelle. En parallèle, au lycée, elle écrit des poèmes, puis commence à rapper des textes de Lil Wayne et participe à quelques freestyles avec des amis. Autant inspirée par MC Solaar, Les Fugees et Lauryn Hill que Muse, les Red Hot Chili Peppers ou la musique classique, son univers, porté avec une écriture introspective et dense, brasse de nombreuses sonorités.

Après avoir mis la musique de côté pendant quelques temps, l’artiste revient au rap en 2018 par « catharsis » et « besoin. » En juin 2021, elle sort le EP « Cadavre Exquis » et travaille actuellement à un nouveau projet sous forme de triptyque. 

Lexie T

Née en banlieue parisienne, Lexie T vit à Lille pendant plusieurs années, puis un an à Nantes, avant de s’installer à Montpellier. C’est en 2011 qu’elle découvre le beatbox lors d’un stage et se reconnaît tout de suite dans cette pratique et cette communauté accueillante et bienveillante.

Désormais double championne de France de beatbox et vice-championne de loopstation, beatboxeuse et rappeuse, Lexie T est aussi un peu beatmakeuse puisqu’elle crée des sons avec sa bouche, sur lesquels elle pose ensuite ses textes. L’artiste attache une importance particulière à la transmission et partage ses compétences dans le cadre d’ateliers et de tutoriels vidéo. Elle travaille également sur un nouvel EP qui devrait voir le jour d’ici à la fin de l’année.

Mando MCD

Originaire de Roubaix, Mando MCD se lance dans le rap en 2021 sur un coup de tête et sort son premier titre Bonne Affaire en avril. Celle qui inspire à être la « lil Missy à la française » mélange danse et musique et aime voir les danseurs chanter ses textes et « valider son art. » Alors que son dernier single Money explore des sonorités plus pop, l’artiste travaille actuellement sur plusieurs clips et un nouveau projet.

O’Rel

La rappeuse lilloise O’Rel officie dans le rap depuis 2016. Après avoir exploré la France, le Luxembourg et l’Allemagne, à la recherche de beatmakers pour réaliser ses projets, elle sort l’album « Loca Loca » en 2020, puis « Destin Rap » en 2021. Inspirée par Diam’s et Cardi B, l’artiste mêle trap et rap conscient et gère ses projets musicaux de A à Z, ainsi que l’écriture et la réalisation de ses clips.

Selektaa

Installée dans le Nord depuis 2015, Selektaa naît à Djibouti en Afrique de l’Est d’un père berbère et d’une mère somalienne. Elle commence à rapper à l’âge de 11 ans, inspirée par J. Cole, la soul et le jazz. La musique représente alors un moyen pour elle d’affronter ses peurs et de trouver la paix avec ses émotions.

Soucieuse de créer un univers hybride qui lui ressemble et de parler aux âmes qui l’écoutent, elle explore sans cesse de nouvelles manières de travailler et mêle différents styles et techniques. En mars 2021, elle sort son premier EP « A Tale Of Highs & Lows » en collaboration avec le producteur Fair Son, avec qui elle prépare de nouveaux morceaux, des clips et des dates, dont un concert le 5 novembre à la Condition Publique à Roubaix.

Ucci Why

Après avoir vécu dans différentes villes, Ucci Why s’installe à Lille et commence le rap en 2013. Avec des textes en anglais, en bulgare et en français, elle propose un univers international et coloré, empreint de funk et de boom bap.

La veille du premier confinement en 2020, elle se produit sur scène avec son collectif La Saï Saï Family – DJ Sebti, Rem’s Monkey Dee, Midos Ladowz, L.A.X., et XIII Amer. L’esprit d’équipe et l’harmonie entre les artistes la poussent à développer la dimension scénique de son projet. Elle cherche actuellement à faire plus de scènes en Belgique, un pays qui, selon elle, saura bien accueillir sa dimension européenne.

Vicky R

Rappeuse et beatmakeuse, Vicky R naît à Libreville au Gabon et arrive à Lille avec sa famille en 2008. Elle découvre le hip hop par ses frères et commence à rapper en 2012. Avec une licence de communication en poche, elle décide de se consacrer pleinement à la musique et se retrouve sur la compilation La Relève de Deezer en 2019. Après un premier EP « V » en mars 2020, elle participe au titre Shoot de Sally aux côtés des rappeuses Kanis et Chilla et des chanteuses Joanna et Alicia.

Désormais installée dans la capitale pour développer son projet artistique, elle sort en juin 2021 « RHC (Rap Haute Couture) », EP de 3 titres qui mêle trap, R&B et afropop et témoigne de sa large palette musicale.

Zeuzloo

Il y a 15 ans, Zeuzloo quitte la campagne du Nord pour s’installer à Lille. Elle commence le rap en 2013, dans le cadre d’un atelier d’écriture mené par Mwano et Ismaël Métis, et d’un battle dans lequel elle s’auto-traite de « zeuz-loo », nom qui restera par la suite.

L’artiste définit sa musique comme un melting-pot de styles et d’ambiances qui vont du old school à la trap, « sérieux mais pas trop, avec un bon côté électro bien barré ! » Après son album « JAMAIS CONTENTE » en janvier 2020, Zeuzloo a envie de multiplier les concerts sur le territoire et en Belgique et de sortir de sa zone de confort. Elle a également un projet de spectacle musical avec Mwano et souhaite continuer d’organiser des opens mics sur la métropole, pour faire découvrir de nouveaux talents et « propager les bonnes vibes du holy hip hop. »

Jass

Basée à Roubaix, Jass rappe depuis bientôt un an. Elle définit son univers artistique comme « sincère » avec des sons mélodieux « qui me représentent au mieux et qui sont vrais » et des paroles percutantes. Le morceau dont elle est la plus fière ? Ouna, un titre qui n’est pas encore sorti, « lyricalement assez mature et personnel, où je me livre pas mal. » Elle travaille actuellement sur plusieurs clips reliés par un même fil conducteur et un EP qui sortira dans un ou deux ans. À suivre !

Punchlyn

Punchlyn grandit dans le quartier de L’Épeule à Roubaix et commence à rapper à l’âge de 17 ans. Depuis quelque temps, elle explore également le beatmaking et propose un univers « à l’image du sample et atmosphérique et froid comme le vent du Nord. »

Par ailleurs, l’artiste œuvre le terrain avec le mouvement Zéro Vice City, qui travaille au lancement d’un troisième Five Contest, concours visant à accompagner les artistes en développement. Elle propose également des ateliers d’écriture et de MAO dans des prisons, des écoles, des conservatoires ou des structures culturelles. Parmi ses autres projets, la colonie de vacances *RAP&AUTONOMIE* et une série documentaire opposant Roubaix à Detroit.

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