Avec « Kamala Khan », Ryaam rend hommage aux femmes racisées qui l’ont inspirée

Ryaam sort le clip « Kamala Khan », réalisé par ORAMA FILMS, qui rend  hommage à la première super-héroïne musulmane créée par Marvel en 2013. La rappeuse parisienne nous a expliqué pourquoi elle a eu envie parler de cette figure dans cette vidéo, qui s’inscrit dans une une série de freestyles dédiée aux femmes racisées qui l’ont inspirée.

Que représente Kamala Khan pour toi ?

J’ai eu connaissance du personnage de Kamala Khan, Ms Marvel, par le biais d’un ami qui m’a suggéré la lecture du comic. Kamala est une jeune adolescente de confession musulmane présentée en position de force, comme le sont les super héroïnes, cependant sans être un personnage hypersexualisé.

Kamala Khan est d’origine pakistanaise et née aux États-Unis. Se pose donc également la question de la double identité chez Kamala et de comment elle parvient à faire cohabiter les deux. Étant fille d’immigrée, je me suis retrouvée dans certains de ces questionnements à son âge.

Selon toi, en quoi le fait d’avoir créé une super-héroïne musulmane est-il novateur ?

La démarche des créateurs est à mon sens innovante et positive, à l’heure où on stigmatise et ostracise davantage les femmes musulmanes. La meilleure amie de Kamala, Nakia, porte le voile et doit faire face aux réflexions de certains de ses camarades comme étant une injonction masculine et non un choix personnel.

Le comic traite également du manque d’identification de Kamala qui se réfère aux critères de beauté mis en avant dans la société, par son admiration pour son idole Carol Danvers, autre Ms Marvel, qui est une femme blanche, blonde et mince.

Pourquoi as-tu envie de rendre hommage aux femmes qui t’ont inspirée ? 

J’ai fait le choix de me concentrer sur des femmes racisées qui évoluent ou mènent des combats dans des domaines différents.

À travers mes différents freestyles, l’idée n’est pas de proposer une biographie de chacune d’elles, mais plutôt de mettre en lumière les qualités, les forces qu’elles puisent pour faire face aux épreuves rencontrées, leur capacité de résilience, leur détermination et leur engagement dans les projets qu’elles portent, choses pour lesquelles j’ai une grande admiration et vers lesquelles je souhaiterais tendre dans ma propre vie.

Retrouvez Ryaam sur Facebook, YouTube et Bandcamp.

© Maxwell Aurelien James

Le Festival INTERSECTIONS met les femmes et les personnes queer et racisées à l’honneur

Pour la deuxième année consécutive, Madame Rap est partenaire d’INTERSECTIONS ! Le festival investit L’Embobineuse à Marseille du 26 au 28 avril pour mettre en lumière les femmes, les personnes queer, trans et racisées oubliées ou effacées des scènes musicales. 

Au programme pendant trois jours, des concerts, du stand up, des expositions, des débats, des ateliers, des projections, des performances et des DJ sets qui visent à célébrer les artistes minorisé.e.s et à favoriser l’accès des plus jeunes à l’expression artistique. Fortement orienté hip hop (avec notamment Tracy De Sà, Safyr Sfer, Syn Cha, K’s Khaldi et Neka Groove), l’événement reste toutefois ouvert à d’autres genres musicaux.

      

Fondé par l’association BAHAM ARTS, portée par Waka et Paulo, deux personnes queers, une femme noire et un garçon trans, le festival entend faire le lien entre deux journées de luttes, le 8 mars (Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes et aux minorités de genre) et le 21 mars (Journée mondiale pour l’élimination des discriminations raciales).

En amont du festival, BAHAM ARTS organise une soirée le 5 avril afin de récolter des fonds pour financer l’événement et rémunérer les artistes (l’événement Facebook ici). En effet, depuis 2015, Waka et Paulo oeuvrent de manière bénévole à visibiliser les femmes et les minorités de genre dans le hip hop. D’abord à travers le groupe de rap Rap’Elles, puis avec deux festivals, UMOJA et INTERSECTIONS.

Pensée comme un hommage, cette deuxième édition d’INTERSECTIONS est dédiée à Ibrahim Ali, tombé sous les balles de colleurs d’affiches du Front National le 21 février 1995, aux victimes et proches des victimes du drame de la rue d’Aubagne survenu le 5 novembre 2018, aux victimes de violences conjugales et de féminicides, aux personnes trans et LGBTQIA+ persécutées à travers le monde, à Marielle Franco et Vanessa Campos, aux victimes de violences policières et à toutes celles et ceux qui perdent leur vie en traversant la Méditerranée ou sous les bombardements.

Rendez-vous à Marseille le 5 avril au Dar Lamifa et du 26 au 28 avril à L’Embobineuse !

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Rappeuz, le concours qui déniche les nouveaux talents du rap

Madame Rap est partenaire de Rappeuz, le nouveau concours lancé par le collectif Call Me Femcee pour dénicher de nouveaux talents rap dans toute la France !

Pas besoin d’être expert en féminisme pour constater que les femmes sont peu nombreuses sur les scènes (et les ondes) hip hop.

Pour tenter de remédier à cette invisibilisation tenace, le collectif Call Me Femcee a décidé de lancer Rappeuz, un concours qui vise à dénicher de nouveaux talents dans toute la France.

Pendant les phases de sélection de mars à juin 2019, les participantes pourront se confronter aux regards de professionnel.les tout en ayant la possibilité de développer leur carrière. Car, au-delà d’être un concours national, Rappeuz représente aussi, et surtout, un tremplin pour les artistes.

Lors du premier volet du concours, 10 rappeuses seront sélectionnées du 17 avril au 3 mai au Flow à Lille, à la M.270 Floirac à Bordeaux, à L’Affranchi à Marseille et à La Place à Paris.

Dans un deuxième temps, à partir de mi-mai, le public pourra voter pour son artiste préférée via l’application KEAKR.

Enfin, un prix du jury et un prix du public seront décernés aux gagnantes le 1er juin à RDV Hip Hop Paris lors du lancement du Festival Paris Hip Hop. Avec à la clé pour le prix du Jury, un accompagnement artistique, une résidence, des concerts, la sortie d’un EP et une tournée qui s’étalera de septembre 2019 à fin 2020, et pour le prix du public, un accompagnement artistique, une mise en avant promotionnelle, l’enregistrement d’un single, le tournage d’un clip et des propositions de concerts.

A vos micros !

Pour s’inscrire au concours : rappeuz.casting@gmail.com. 

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Muthoni Drummer Queen : « Au Kenya, il n’y pas assez d’infrastructures pour les rappeuses »

En décembre dernier, Muthoni Drummer Queen enflammait la scène des Transmusicales de Rennes. Après quatre albums, la rappeuse kenyane prépare aujourd’hui une tournée estivale (avec beaucoup de dates en France) et un nouveau projet prévu pour la fin de l’année. Avant de reprendre la route, l’artiste basée à Nairobi nous a parlé de sa reconnaissance internationale croissante, de féminisme et des femmes qui l’ont inspirée. 

Quand et comment as-tu découvert le hip hop ?

À la radio quand j’étais petite, entre 1994 et 1996. Mais je m’y suis vraiment intéressée en 2012 quand j’ai vu un documentaire sur A Tribe Called Quest.  

Comment as-tu commencé à rapper ?

Un peu par hasard. J’avais écrit un poème et en 2009, quand on enregistrait mon premier album Human Condition, le producteur m’a incité à le rapper. C’est comme ça que je me suis mise au rap.

Comment décrirais-tu ta musique ?

Je dirais que c’est un mélange de hip hop et de chant, quelque part entre le reggae dancehall et la soul.

Tu travailles avec les deux beatmakers suisses Jean “Hook”Geissbuhler et Greg “GR!” Escoffey depuis 2013. Comment vous êtes-vous rencontrés et comment travaillez-vous ensemble ?

Je les ai rencontrés par le biais de l’un de mes amis, DJ Cortega. Il est suisse et était de passage à Nairobi à l’époque. Il m’a fait écouter leur son et ça m’a plu, et il leur a fait écouter mes morceaux et ça leur a plu aussi. Ensuite, il m’a emmené en Suisse pour que je les rencontre et qu’on se retrouve en studio. J’ai aimé leur manière de travailler et leur mélodies puissantes avec une vraie vibe hip hop.

On a essayé de travailler à distance, en s’envoyant des titres par internet, mais ce n’était pas aussi productif que quand on se voyait physiquement. On a donc organisé une session de travail de plusieurs mois à Nairobi pour travailler sur le nouvel album.

En septembre 2018, tu as sorti le single “Elevate”, extrait de ton quatrième album SHE, qui rend hommage à Nairobi. Quelle est ta relation à celle ville ?

Nairobi, c’est ma maison. Elle a toujours été centrale pour comprendre qui j’étais et ce qu’il était possible de faire. Je crois que j’ai toujours Nairobi en tête quand j’écris. J’essaie toujours de mettre en lumière la créativité de cette ville.

Comment as-tu réussi à toucher un public international ? 

Je crois que ça vient principalement du fait que je collabore avec une équipe suisse. En 2011, j’ai sorti un EP intitulé Welcome to the Disco grâce à une campagne de financement participatif et j’ai fait des concerts aux Pays-Bas et en Suède, ce qui a déjà planté quelques graines.

Aujourd’hui, on a un distributeur et un label français, Yotonka, qui a fait beaucoup pour me faire connaître dans les médias. Aussi, la bande originale du film Rafiki (Wanuri Kahiu, 2018) m’a permis de toucher un public plus large.

Tu as fondé deux festivals musicaux au Kenya. Peux-tu nous en dire plus sur ces projets ?

Ces deux festivals, Africa Nouveau et Blankets & Wine, visent à créer un espace de créativité et aider des artistes africains indépendants à entrer directement en relation avec le public et l’industrie musicale. C’est une sorte d’alternative à une infrastructure audiovisuelle.

L’album SHE célèbre les femmes, avec des titres comme “Suzie Noma”qui parle d’empowerment et de sororité, “Lover” qui évoque la sexualité des femmes ou “Caged Bird”, qui fait référence au célère poème du même nom de Maya Angelou. Pourquoi penses-tu qu’il soit important de rendre hommage aux femmes ?

Je pense que nous vivons dans un monde d’hommes et que le point de vue des femmes est souvent nié, incompris, dévalorisé ou sous-représenté. Les sacrifices et les efforts inhérents aux luttes des femmes ont souvent été ignorés. Je me suis dit que ce serait bien de leur donner une voix.

Mais, pour être honnête, je n’ai pas fait SHE délibérément. Je ne suis pas allée en studio en me disant : « je vais faire un album qui parle des femmes ». C’est juste venu naturellement. On a composé des chansons et après quelques titres, on s’est rendu compte que ces chansons étaient plus que de simples chansons, mais de vraies histoires de femmes, avec des personnages bien vivants et des représentations de véritables individus.

Est-ce que les rappeuses ont des difficultés à trouver un public au Kenya ?

Absolument. L’industrie musicale est toujours dominée par les hommes. D’un point de vue du public, les concerts hip hop ont lieu dans des endroits difficilement accessibles pour les femmes. Il n’y a pas assez de femmes à des postes de pouvoir dans le hip hop et il n’y a pas vraiment de label qui soutienne les rappeuses. Pourtant, on trouve un grand nombre de rappeuses incroyables au Kenya, mais il n’y pas assez d’infrastructures pour les artistes, surtout pour les rappeurs, et encore moins pour les rappeuses.

Tu dis que tu es féministe depuis que le mot existe. Dans quel type de féminisme te reconnais-tu le plus ?   

J’ai passé peu de temps à étudier les différents courants de pensée féministes et j’ai un peu honte de ça. Mais depuis toujours, je pense que les filles et les garçons sont égaux et que les individus doivent s’améliorer et prendre conscience du fait que la société définit les rôles et les possibilités des femmes et des hommes. La religion, la politique et les gouvernements renforcent cette idée de ce que les femmes peuvent et ont le droit de faire.

Même sans connaître les termes exacts propres aux courants féministes, ce sont des choses que je soutiens : comprendre la racine des inégalités, ce qui les crée et les renforce. Une grande partie du féminisme consiste à déconstruire le patriarcat et à apprendre comment remplacer ces idées par de nouvelles idées. Je me revendique féministe parce que fondamentalement, je suis capable de voir que le patriarcat et le capitalisme causent des inégalités. J’essaie de me remettre en cause en réfléchissant autrement que comme la société me l’a appris.

En France, on a l’impression que hip hop et féminisme sont incompatibles. Est-ce que tu es d’accord avec cette idée ?

Oui, je peux tout à fait le comprendre. La représentation des femmes dans le hip hop est l’une des choses avec lesquelles je continue d’être en désaccord. Je reconnais que le hip hop peut être misogyne et patriarcal et que ce n’est pas un terrain de jeu équitable pour les femmes et les hommes.

Ça me fait me questionner sur plein de choses, par exemple sur le fait que les femmes soient représentées comme des strip-teaseuses dans les clips. Mais si on prend le clip de Rihanna « Pour It Up », le fait qu’elle se mette en scène en tant que strip-teaseuse n’est pas fait pour satisfaire le regard masculin, c’est juste Rihanna. Cette représentation visuelle est très ancrée dans le hip hop, mais j’ai aussi conscience du pouvoir qu’ont les femmes sur leur corps, leur image et leur implication. Parce qu’en même temps, le hip hop est un outil. C’est un moyen de communication et d’expression artistique.

Qui sont les femmes qui t’inspirent ? 

A un niveau personnel, ma mère. Plus je prends conscience de ce qu’elle a fait pour nous, plus je lui suis reconnaissante. Elle a toujours travaillé et aussi rempli les rôles traditionnellement attendus de la mère et la femme au foyer. En l’observant, je suis reconnaissante qu’elle ait pu tout faire en même temps. Et parce qu’elle a pu tout faire, je m’en sens capable aussi.

Au niveau de la société, Dr. Wangari Maathai. Ce qu’elle a fait pour le Kenya est vraiment impressionnant. Juste parce qu’elle a trouvé quelque chose en quoi elle croyait, elle a construit sa vie sur cette croyance et ses idéaux font évoluer la société.

Au niveau africain, Winnie Mandela et Graça Machel. Winnie Mandela parce qu’elle n’a jamais cessé de se battre et incarne l’âme de la révolution sud-africaine. Graça Machel parce qu’elle symbolise la grâce et l’intelligence. Elle a un point de vue vraiment intéressant. C’est une aînée africaine qui a réussi à faire entendre sa voix à travers tout le continent et bien au-delà.

Et ensuite Beyonce, comme tout le monde ! Parce que Beyonce.

Aussi Missy Elliott et Lauryn Hill (et plus tard M.I.A.), qui m’ont offert un modèle de femmes artistes auquel je pouvais m’identifier.

Est-ce que tu écoutes des rappeuses actuelles ?

Oui, j’adore les rappeuses actuelles. J’aime beaucoup Young M.A.. Je trouve que Nicki Minaj est inégalée et une rappeuse hors pair. Lady Leshurr est vraiment cool aussi.

Quels sont tes projets à venir ?

D’abord, je me prépare à partir quatre mois en tournée cet été. Ensuite, on vient juste de finir d’enregistrer un grand nombre de titres. On a fait une sélection et décidé lesquels garder pour notre prochain projet. On doit envoyer tout ça au mix et normalement l’album devrait sortir au début du quatrième trimestre de cette année.

Rendez-vous en France ?

Oui, on a plein de dates en France ! Au moins 20 !

Retrouvez Muthoni Drummer Queen sur son siteFacebookYouTubeSoundcloudTwitter, Instagram et en tournée.

Muthoni Drummer Queen sera en concert à Paris au Badaboum le 21 mai prochain

40 rappeuses qui s’identifient comme lesbiennes

Dans l’inconscient collectif, rap et lesbiennes ne font pas bon ménage. Parce que le rap reste perçu comme LGBTphobe et sexiste, être une femme et lesbienne dans ce milieu semble inconcevable pour certain.e.s.

Et pourtant, quand on cherche des artistes lesbiennes dans le hip hop, on en trouve bien plus que dans la variété, le rock ou l’électro !

Depuis le début des années 2010 et l’essor progressif d’artistes hip hop queer (dont Frank Ocean, Azealia Banks, Angel Haze, Brooke Candy, Siya, Princess Nokia, Zebra Katz, Mykki Blanco, Le1f, et Young Thug), un nombre croissant de MCs s’identifient comme lesbiennes.

Qu’elles fassent de leur orientation sexuelle un outil politique ou artistique, voici une sélection de 40 rappeuses (principalement américaines mais pas que) qui s’identifient comme lesbiennes.

  • Aina Brei’Yon (États-Unis, Chicago/Los Angeles)
  • Amplify Dot (Royaume-Uni)
  • Babie Jackson (États-Unis, New York)
  • Babii Cris (États-Unis, San Francisco)
  • Bdot Croc (États-Unis, Minneapolis)
  • Blimes Brixton (États-Unis, San Francisco/Los Angeles)
  • Dai Burger (États-Unis, New York)
  • Domo Wilson (États-Unis, Chicago/Valparaiso)
  • Felicia Pearson (États-Unis, Baltimore)
  • Feloni (États-Unis, Detroit)
  • Fiona Simone (États-Unis, Atlanta)
  • God-des and She (États-Unis, Austin)
  • Guch (États-Unis, Nouvelle-Orléans/Houston)
  • Honey G (Royaume-Uni)
  • Jimmii Montana (États-Unis, Cleveland)
  • Keke The Weirdo (États-Unis)
  • Kel (États-Unis, Houston)
  • Kelow (États-Unis, Maryland)
  • Kodie Shane (États-Unis, Atlanta)
  • Krudas Cubensi (Cuba)
  • Lady Luck (États-Unis, New Jersey)
  • Lady Sovereign (Royaume-Uni)
  • Lauren Sanderson (États-Unis, Fort Wayne)
  • Micah Tron (États-Unis, San Francisco)
  • Mookie Lock! (États-Unis, Texas)
  • Nasha Dee (Kenya)
  • Niña Dioz (Mexique)
  • NY$$E (États-Unis, Texas, Fort Worth)
  • Qbala (États-Unis, Colorado, Fort Collins)
  • Rebeca Lane (Guatemala)
  • RoxXxan (Royaume-Uni)
  • Silvana Imam (Suède)
  • Siya (États-Unis, New York/Californie)
  • Slim Jenkinz (États-Unis, Washington D.C.)
  • Tay Rico (États-Unis, Chicago/Phoenix)
  • Taz Da Realist (États-Unis, Houston)
  • Toya Delazy (Afrique du Sud/Royaume-Uni)
  • TT The Artist (États-Unis, Baltimore)
  • Yo! Majesty (États-Unis, Tampa)
  • Young M.A. (États-Unis, New York)