📣Appel aux rappeuses et rappeurs•euses LGBT+

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À ce jour, Madame Rap répertorie 303 rappeurs·euses queer et LGBT+ dans le monde entier.

Continuons de faire grossir cette liste pour démontrer que le rap n’est pas la musique la plus LGBT+phobe qui existe et qu’elle permet au contraire à des artistes de toute identité de genre de s’exprimer !

Madame Rap présente Sur Paroles

Début 2021, Madame Rap propose à Najwa, La Piv, Oam et Loon de participer au projet Sur Paroles. Le but : accompagner ces rappeuses émergentes pour qu’elles créent un morceau de A à Z. Après 7 mois de groupes de discussion, d’ateliers d’écriture, d’ateliers d’écriture rythmique et d’ateliers de beatmaking, le EP Sur Paroles est le résultat de ce travail.

Pourquoi le nom Sur Paroles ? Parce que la parole des femmes dans la société, et par extension la parole des rappeuses dans la musique, peine encore à être entendue. Afin de visibiliser les artistes émergentes, d’encourager les femmes à développer leurs talents et à favoriser la solidarité, Madame Rap a imaginé un dispositif pour les accompagner dans la création d’un morceau original.

En avril 2020, Madame Rap organise un open-mic de rappeuses cis, trans et non-binaires au 6b à Saint-Denis dans le cadre d’une résidence en Seine-Saint-Denis. Mais le Covid s’invite aux festivités et l’événement ne peut avoir lieu. Madame Rap décide alors de contacter les artistes qui s’étaient inscrites pour leur proposer de poursuivre l’aventure autrement. Najwa, La Piv, Oam et Loon sont partantes et disponibles pour travailler dans des conditions acrobatiques (pensés et prévus pour se dérouler en Seine-Saint-Denis, les différents ateliers ont eu lieu en partie en visio – Covid oblige).

Le projet s’est déroulé en trois temps, avec :
– des groupes de discussions et des ateliers d’écriture animés par Éloïse Bouton, fondatrice de Madame Rap et autrice ;
– des ateliers d’écriture rythmique animés par le rappeur D’ de Kabal ;
– des ateliers de beatmaking et d’enregistrement studio animés par la DJ/productrice/beatmakeuse Kelyboy.

NAJWA 

Inspirée par Cardi B, Ninho ou encore Timal, Najwa (aka Big Mom) rappe depuis un an et est bien décidée à montrer ce qu’est le rap dit « féminin ». Elle invite toutes « les meufs gang » à rejoindre son équipage !

LA PIV

Originaire d’une banlieue un peu morte du 92, La Piv a commencé à rapper il y a deux ans lors d’un voyage en Amérique du Sud. Aussi bien influencée par Fanny Polly, KT Gorique et Soumeya que par Davodka, Oxmo Puccino et Nekfeu, elle aime allier rap et chant. Elle espère faire un maximum de scènes cette année et sortir des morceaux en ligne.

OAM

Oam écrit de la poésie depuis toute petite. C’est lors d’un atelier avec Casey qu’elle découvre le rap et ne s’est jamais arrêtée depuis. Son univers est celui d’une enfant qui n’a pas supporté de grandir. Derrière les licornes, les roses et les grands-mères, sont abordés des thèmes profonds et initiatiques, comme des contes de la vie ordinaire au XXIe siècle.

LOON

Artiste pluridisciplinaire, Mathilde Guegan aka Loon se sert de l’écriture, du chant, du dessin, de la peinture et de la sculpture pour VIVRE UNE VIE QUI A DU SENS. Son plus grand bonheur est de rencontrer l’autre et de partager sa passion pour la création !

Retrouvez Najwa (@yesnaj_), La Piv (@marionpivert) et Mathilde Guegan aka Loon (@mathilde_guegan) sur Instagram.

Ce projet est soutenu par le Conseil Départemental de Seine-Saint-Denis et le Commissariat général à l’égalité des territoires de Seine-Saint-Denis.

 

À lire aussi : VIDÉO – Retour sur le projet Sur Paroles

Playlist #32 – Septembre 2021

Retrouvez notre playlist du mois de septembre sur YouTube, Spotify, Deezer et Apple Music avec 20 titres de rappeuses du monde entier !


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Avec :

  • Slex (France, Toulouse)
  • Billie Brelok (France, Nanterre)
  • Le Juiice (France, Boissy-Saint-Léger)
  • Mara (Suisse)
  • Badmómzjay (Allemagne)
  • Palas (Allemagne)
  • Dasha Azha (Kirghizstan)
  • Cardden (Espagne)
  • Elane (Espagne)
  • Mayki Graff (Honduras)
  • Snow Tha Product (États-Unis, Californie)
  • N1yah (Émirats Arabes Unis)
  • CL (Corée du Sud)
  • Audrey Nuna (Corée du Sud/États-Unis, New York)
  • Ramengvrl (Indonésie)
  • Little Simz (Royaume-Uni)
  • Haviah Mighty (Canada)
  • Rico Nasty (États-Unis, Washington D.C.)
  • LittleJohn4k (États-Unis, Caroline du Nord)
  • Lil Bri (États-Unis, Houston)

R’May : « Mon combat est de faire reconnaître le rap féminin »

Active depuis quatre ans, la MC rouennaise R’May a notamment participé en 2019 à la compilation LE RAP2FILLES SOUTERRAINE, qui réunissait 12 rappeuses underground francophones. Après plusieurs freestyles et clips postés sur les réseaux, l’artiste s’est constituée une solide communauté. Elle nous parle de son parcours et de premier EP en préparation.

Pourquoi as-tu choisi le nom R’May ?

R’may est l’acronyme de mon prénom, Marie, car c’est important pour moi de rester vraie et authentique au travers de ma musique.

Quand et comment as-tu découvert le hip hop et comment as-tu commencé à rapper ?

J’ai découvert le rap principalement avec la rappeuse Diam’s durant mon enfance. J’ai commencé à rapper il y a 4 ans, d’abord pour moi-même et ensuite via les réseaux sociaux.

Comment définirais-tu ta musique ?

Introspective et revendicatrice.

Lequel de tes morceaux te représente le mieux ?

Destinée, car il parle de mes craintes, mes faiblesses et mes désirs. C’est une mise à nue.

Comment travailles-tu tes morceaux ? Est-ce que tu commences par choisir une prod ou par écrire ?

Cela dépend de mon inspiration. Parfois, j’ai une idée plus ou moins précise et je recherche une prod spécifique. Parfois, je n’ai pas d’idée et c’est la prod qui va m’orienter. Quoi qu’il en soit, c’est une histoire de feeling.

Tu as réussi à fédérer une solide communauté sur Instagram et YouTube. Quel est ton rapport aux réseaux sociaux ?

Les réseaux sociaux me permettent de me rapprocher de ma communauté. Ils m’envoient de la force et de la motivation. J’essaye de leur rendre au maximum en prenant le temps de répondre à mes abonnés, car pour moi,  nous sommes dans une relation d’égal à égal, c’est un travail commun.

Quelles sont les femmes, connues ou pas, qui t’inspirent ?

Diam’s évidemment et Viola Davis.

Quand nous avions interviewé la rappeuse Bonnie, elle nous avait parlé d’une prochaine collaboration entre vous. Est-ce toujours d’actualité ? Es-tu en lien avec d’autres rappeuses ?

Oui, mais nous sommes toutes les deux très occupés par nos projets respectifs. Ce qui rend cette collaboration difficile mais le désir est toujours présent. J’ai quelques contacts avec d’autre rappeuse comme Pearly, Yelsha et Turtle White, notamment grâce à La Souterraine.

Te définis-tu comme féministe ? 

Je pense que toutes les femmes le sont d’une manière ou d’une autre. Mon combat à moi est de faire reconnaître le rap féminin comme étant aussi bon que le rap masculin.

Le rap est-il ta principale activité aujourd’hui ? 

Actuellement, je suis encore en étude mais mon objectif est d’en faire mon activité principale.

Quels sont tes projets à venir ?

Actuellement, je travaille sur mon premier EP.

Que penses-tu de Madame Rap ? Des choses à changer/améliorer ?

Un média entièrement consacrée à la musique féminine urbaine, merci pour votre force.

Retrouvez R’May sur InstagramFacebookYouTube et Snapchat

13 rappeuses de Seine-Saint-Denis à suivre de toute urgence

Berceau du rap français et vivier inépuisable de talents, la Seine-Saint-Denis est fortement liée au hip hop. Si les noms de NTM, Kaaris, Sofiane ou Sadek sont indéniablement associés au département, les rappeuses originaires du 93 restent encore largement invisibilisées.

Pourtant, Casey, au Blanc-Mesnil, ou EK-Tomb (dont est issue Black Barbie), à Gagny, sont actives dès le milieu des années 90. Et aujourd’hui, la relève est bien là. La preuve avec cette sélection de 13 rappeuses originaires de Seine-Saint-Denis à suivre de toute urgence !

Brö

Entre un rap incisif parfaitement maîtrisé et des mélodies pop accrocheuses, Brö déroule des textes très personnels qui ne mentent pas. Hérité des années lycées, son pseudonyme révèle une ambiguïté savamment cultivée. Car derrière ses traits juvéniles, se cache une âme féline et toujours aux aguets.

Panthère dans la métropole, l’artiste qui a grandi aux Lilas et à Levallois-Perret (92), raconte son quotidien, les garçons, les doutes, la liberté et ces luttes de pouvoir qui transforment la ville en une véritable jungle. Alors, elle se faufile, tard le soir, et gratte le papier en solitaire. Pas de méthodes, pas de plans définis, Brö écrit à n’en plus pouvoir. Sans détour et sans artifice, elle dévoile une réalité brute qui finit par nous captiver.

Casey

D’origine martiniquaise, Casey, de son vrai nom Cathy Palenne, vit aujourd’hui au Blanc-Mesnil. Tout comme ses acolytes d’Anfalsh et de La Rumeur, Casey se revendique d’un rap de « fils d’immigrés » et non du rap français. Les thèmes les plus souvent abordés dans sa musique sont les problèmes de racisme, les violences policières, ainsi que le passé esclavagiste et colonial de la France.

Esthr

Jeune artiste émergente, Esthr est une rappeuse et chanteuse franco-américaine établie à Saint-Denis. Rythmique travaillée, flow incisif, Esthr s’illustre par une palette large de sonorités aux influences éclectiques assumées, de Little Simz à D’Angelo, à la croisée du old et du new school.

Après plusieurs résidences au Petit Bain à Paris en 2019, la MC enchaîne les featurings, les live et parfait ses prestations scéniques. Son premier EP actuellement en construction promet de nous emmener dans un univers atypique aux couleurs actuelles.

Goldy

Bercée par le rap US et à la rumba congolaise, Goldy découvre ensuite le rap français sur Skyrock. L’artiste de Saint-Denis commence par écrire des poèmes et se met à rapper à l’âge de 16 ans. Elle vit sa musique comme une passion et un exutoire, qui peut faire passer du rire aux larmes.

Kill Kill

La rappeuse montreuilloise Kill Kill est l’instigatrice du projet « Freestyles Vécu ».  Il s’agit d’une série de freestyles multi MCs sur lesquels l’artiste invite des rappeuses et rappeurs. La première série est intitulée Vécu 1.

Lezy

Si Lezy a commencé à partager sa musique en 2020, elle écrit depuis toujours. Passionnée de rap, elle puise son inspiration chez des artistes comme Damso, Josman ou Booba en France, et Asap Ferg ou Tyler The Creator aux US. En attendant la sortie de son EP fin 2021, Lezy nous régale avec quelques singles, clippés ou non, disponibles sur les plateformes. Sa plume est acerbe, son flow mélodieux et ses toplines addictives.

Lylice 

« J’ai trop serré les dents, j’arrive plus à mâcher mes mots« , un simple aveu qui se révèle être le credo de la musique de Lylice : incisive et sans concession.

Lylice est née et a grandi à Montreuil en s’imprégnant de la ville qui changeait autour d’elle. Les ruelles de cette banlieue seront les premières à entendre ses textes. À 16 ans, elle décide d’emboîter le pas de ses amis qui rappent déjà dans les soirées, le métro, les open mics et les sorties de concerts… Pendant deux ans, elle participe au groupe Cobra avec Nijua et Attys Luna. Elle continue ensuite en solo et enchaîne les concerts. En 2019, l’artiste décide de concrétiser sa passion pour le rap. Elle collabore avec DJ S’One, avec qui elle montera sur scène accompagnée de Esthr et Amnez, et rencontre KØHM avec qui elle réalise son premier EP « Farouche ».

Mandy 

Rappeuse depuis deux ans, Mandy est originaire de Saint-Denis. Elle puise dans des références principalement américaines et s’apparente au courant du cloud rap, reconnaissable grâce à ses instrus planantes. Entre egotrip un peu déjanté et mélancolie, elle aime faire de la musique pour faire rêver tout en s’exprimant sur les aléas de la vie entre peines, haine et détermination.

Meg 

Vingtenaire originaire de Saint-Ouen, Meg, écoute du hip hop depuis toujours. C’est pour elle une musique crue mais authentique, qui permet de se lâcher complètement et de tout donner. Depuis un peu plus d’un an, son irrépressible besoin d’écrire l’a amenée à devenir rappeuse à son tour. Meg s’inspire alors des « grandes dames » comme Beyoncé et Rihanna, qui sont pour elles des figures fortes.

Neithea 

Autrice, interprète et photographe, Neithea est une artiste indépendante d’origine afro-antillaise qui évolue entre Stains et l’Ile-de-France. La MC fait également partie du collectif Nouvel Ordre Musical, tout comme son acolyte Ba2ry, rappeur et beatmaker. Ils enregistrent plusieurs singles ensemble et remportent le titre de Meilleurs Artistes Diaspora 2018 lors des Beat Awards de Brazzavile.

Neithea pose son flow où l’inspiration l’emmène avec des textes parfois engagés, egotrip ou encore juste pour s’ambiancer. Pour elle, l’art n’a pas de limite, c’est une histoire de ressenti et d’émotions.

Redflow

Née à Paris, Redflow, de son vrai nom Joanne Beverlley Gbazi, est une artiste de 26 ans d’origine ivoirienne basée à Montfermeil. Influencée par la culture hip hop dès son adolescence, elle est bercée par le duo 50 Cent/Eminem ou encore Missy Elliott. Elle fait ses premiers pas dans la musique en 2017 avec C’est mon tour, morceau aux sonorités afro trap. La MC, qui se fait aussi appeler « Petite fleur », se définit comme éclectique car elle aime mélanger les styles, et chaque titre est pour elle l’occasion de partager une facette de sa personnalité et de son univers.

Turtle White 

Née en Guyane française de parents haïtiens, Turtle White grandit à Deuil-La-Barre (95) avant de s’installer à Montreuil (93). Elle fait ses débuts dans le rap en 2018, mais c’est pendant le premier confinement de 2020 qu’elle s’y consacre plus sérieusement. Aujourd’hui en pleine phase de développement, elle souhaite créer un univers qui colle à sa personnalité assez contrastée et sans étiquette. « J’ai un flow assez nonchalant, avec des lyrics franches et une pointe de second degré. J’aime le fait qu’on puisse bouger la tête sur des paroles qui ont du sens et j’aspire à développer un côté plus mystérieux dans mes prochains sons en incorporant d’autres personnages dont le BIG T…« 

47Meow

47Meow est une jeune artiste de Saint-Ouen. Dès son plus jeune âge, elle suit une formation au conservatoire, joue de plusieurs instruments et écrit ses propres chansons. Elle sort en 2017 un tout premier projet auto-produit dans lequel se dessinent déjà les contours de son style actuel, entre douceur et coups de poing. Les codes du RnB et de la pop y côtoient le rap, dans une fusion pleine de caractère. Dans ses textes, 47Meow partage ses valeurs autant que sa rage de vaincre.

Juliette Fagot

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PALAS : « Les femmes sont toujours mises en concurrence ou réduites à leur apparence »

Tina Turnup & Babylit se rencontrent pendant leurs études à Fribourg, dans le sud-ouest de l’Allemagne. Après quelques explorations musicales en dilettante, elles décident de fonder le duo de rap PALAS. Les deux artistes nous parlent de leurs influences punk, afro-dance et néo-soul, de leur féminisme et de leur premier EP à venir intitulé « ballert ».

D’où vient le nom PALAS ?

PALAS est un nom qui combine une sorte de noblesse et de dureté. Comme notre musique a plusieurs facettes et joue sur les contrastes, nous nous sommes dit qu’il représentait parfaitement notre projet.

Quand et comment ce projet a t’il vu le jour ?

Le projet est né alors qu’on s’amusait à faire de le musique entre amies. Mais très vite, nous nous sommes rendu compte que nous avions toutes les deux de plus grands rêves et que nous voulions les réaliser. Les premières jams qui ont débouché sur le projet PALAS se sont déroulées en 2018 dans la chambre de Tina Turnup, dans une colocation.

Quand et comment avez-vous découvert le hip hop pour la première fois ?

Nous avons toutes les deux grandi en banlieue et avons découvert le hip hop à travers des émissions de télé quand nous étions petites. Pour Tina Turnup, ça a été un coup de foudre, alors que Babylit a aussi passé beaucoup de temps dans les milieux punk, gothique et métal.

Comment sont nés les personnages de Tina Turnup & Babylit et comment les définiriez-vous ?

Nous ne les avons pas vraiment créés. Nous avons plutôt trouvé des noms qui nous ressemblaient et qui ressemblaient à ce qu’on voulait être dans le rap. Nous ne voulons pas les définir, parce que ce serait cheap et limitant, alors que nous sommes des êtres libres, sans limites et prêtes à évoluer chaque jour. Namasté bitches !

Votre musique mêle différents styles allant du punk au R&B, en passant par la trap. Quel·le·s sont les artistes qui vous inspirent ?

Oui, notre musique mélange de nombreuses sonorités parce que nous sommes deux individus aux personnalités et aux goûts musicaux complexes. Outre le hip hop (gangsta rap, trap, cloud …), nous écoutons d’autres styles musicaux comme l’afro-dance (pop), la néo-soul ou le R&B… Toutes ces différentes histoires d’amour musicales influencent inconsciemment notre musique d’une manière ou d’une autre, même si nous n’essayons pas d’imiter ou de copier qui que ce soit.

La liste des artistes qui nous inspirent est longue, donc nous n’allons citer que quelques noms : Haiyti, Keke, Ebow, Ufo361, Doja Cat, Iamddb, Princess Nokia, Tierra Whack, Cardi B, Beyonce…

Lequel de vos morceaux vous représente le mieux et pourquoi ?

Nous ne pensons pas qu’un seul de nos morceaux reflète complètement qui nous sommes, puisque nous sommes toutes ces facettes à la fois. Mais pour répondre à la question, en ce moment, ce serait notre prochain titre, Vallah. Parce qu’il combine beaucoup de choses : de la noirceur, de la sensualité, de l’entrain et de l’humour. Nous aimons particulièrement les titres Nie wieder Broke, notre premier morceau en featuring avec DOP, l’Intro de notre EP, Bossy et Vallah. Mais chaque titre a son propre charme ;-)!

Comment écrivez-vous ? Est-ce que vous avez des techniques particulières ?

Nous avons commencé à écrire nos premières chansons pour PALAS ensemble. Au début, nous sommes même parties au Maroc pendant un mois pour nous inspirer de la magie du pays et écrire ensemble tous les jours. D’abord, en yaourt ou en faisant des freestyles à partir d’idées de textes et ensuite, en créant des morceaux durant de longues sessions de brainstorming. Plus tard, nos techniques de rap et d’écriture se sont améliorées et accélérées.

Aujourd’hui, nous écrivons parfois nos couplets séparément à la maison. Certaines parties du EP sont venues spontanément en studio, lors de freestyles. Nous n’avons pas de techniques particulières d’écriture, mais nous écrivons régulièrement quand l’inspiration est là.

En tant que femmes artistes, quelles difficultés avez-vous rencontré au cours de votre carrière ?

Nous nous sommes retrouvées dans des situations où des hommes nous prenaient un peu de haut ou essayaient de nous pousser à faire du rap pop et girly. C’était probablement inconscient de leur part parce que ces stigmates sont ancrés dans les mentalités. Certains hommes essaient encore de nous imposer leur opinion, comme si nous ne savions pas ce que nous faisions. C’est la posture archaïque des hommes qui veulent contrôler les femmes… Mais ça a toujours une limite, probablement parce que nous avons déjà suffisamment confiance en nous et aussi parce que nous nous entourons de partenaires de travail qui sont intelligents et non sexistes.

Par ailleurs, nous devons souvent faire face aux commentaires de « haters » parce que certains hommes ne veulent toujours pas voir des femmes rapper, et à du harcèlement sur les réseaux sociaux. Les femmes sont toujours mises en concurrence ou réduites à leur apparence, dans la musique et la société en général, mais heureusement, nous recevons beaucoup plus d’amour de toutes parts que de haine.

Vous définissez-vous comme féministes ? Si oui, comment définiriez-vous votre propre féminisme ?  

Nous sommes juste honnêtes. Le terme « féministe » est encore associé à tort à des femmes butées qui détestent les hommes. Ce que nous ne sommes pas. Nous voulons juste que les femmes/lesbiennes/homosexuel·le·s/trans puissent vivre leur vie librement, libres des idéaux de beauté, de la condescendance masculine, des violences sexuelles…

Oui, on peut dire que nous sommes féministes. Parce que ce sont juste des gens qui veulent la justice. Nous voulons aussi la justice pour tous les êtres vivants. Notre féminisme consiste à faire librement ce que nous voulons et à exprimer nos opinions.

Quels sont vos projets à venir ?

Notre prochain single Vallah extrait de notre EP « ballert » arrive bientôt, avec un clip. Et très bientôt, notre EP. Ensuite, nous verrons !

Que pensez-vous de Madame Rap ? Des choses à changer/améliorer ?

C’est un projet vraiment cool et nous aimons le fait qu’il mette en lumière le talent de femmes et d’artistes queer. Nous ne voyons rien à améliorer. Peut-être que vous pourriez organiser des événements en ligne ?

Retrouvez PALAS sur InstagramFacebook et YouTube.

RDLD : « Nous avons hâte d’aller à la rencontre de notre public »

Groupe de 5 rappeuses originaires d’Ile-de-France, RDLD a débarqué au mois de juillet avec un premier clip éponyme. Asmatiff, Dura, Faï, Sunday & Welna nous parlent leur rencontre, de leurs projets et de leur première date à Paris le 1er octobre prochain. 

Pouvez-vous nous présenter RDLD ?

RDLD est un groupe de musique urbaine signé sur le label TOW ON TOWN RECORDS et il est composé d’Asmatiff, Dura, Faï, Sunday & Welna. Nous sommes toutes les 5 originaires d’Ile de France et des quatre coins du monde. Nos influences sont assez éclectiques, elles vont du rap américain à la musique afro-caribéenne en passant par la soul, la musique française populaire et urbaine… Nous essayons d’apporter un peu de fraîcheur en proposant des sonorités hip hop, soul.

RDLD pour « les Ronces Dans Le Désert »… Pourquoi ce nom ? Que signifie-t-il ?

Le nom du groupe est très imagé et montre notre persévérance. Nous avons voulu mettre en lumière le côté exceptionnel de nos destins, de notre union, et l’unicité du groupe dans le game. Là où personne ne nous attend, là où il est difficile de se faire une place dans le hip hop en tant que femme et groupe féminin (il n’y a aucun vrai groupe de rappeuses sur le devant de la scène), nous allons tout mettre en œuvre pour faire de RDLD une exception.

Comment vous êtes-vous rencontrées et comment est venue l’idée de travailler ensemble ? Depuis combien de temps faites-vous de la musique ensemble ?

C’est le label TOW ON TOWN qui nous a réunies à travers un casting « géant » pour recruter ses premières signatures. Le label avait pour ambition de rassembler des artistes féminines avec différents horizons, différents flows, pour avoir quelque chose d’harmonieux. Nous nous sommes donc rencontrées comme ça et ensuite c’est devenu assez naturel pour nous de travailler ensemble et de créer une certaine cohésion.

Quels sont vos liens avec le label TOW ON TOWN ? En quoi est-ce important pour vous d’être produites sur un label qui met en avant des femmes artistes ?

C’est un label à taille humaine constitué de personnes qui ont une solide expérience dans la musique. Il nous accompagne sur l’aspect artistique mais aussi à travers des ateliers de formation à propos du monde de la musique. Nous échangeons beaucoup, c’est un travail d’équipe et c’est rare dans le milieu.

Avez-vous d’autres projets solos par ailleurs ?

Nous avons toutes des univers à part entière qui s’exprimeront le moment venu. Pour le moment, l’objectif prioritaire c’est RDLD.

Votre premier clip RDLD est sorti au mois de juillet. Comment et avec qui l’avez-vous réalisé ?

Effectivement, le titre RDLD est le premier titre à être clipé. Nous voulions commencer par un titre percutant avec des sonorités actuelles comme la drill. Pour coller à ce titre et aux différentes punchlines, nous avons choisi de tourner dans un lieu avec un décor industriel. Ce clip a été réalisé par V10 films et drivé par les membres du label. En complément, nous sommes habillées par Tyler Moore Styles et maquillées par Cisse Beauty.

Quels sont vos projets à venir ?

Pour le moment, nous peaufinons nos morceaux en répétition et en studio. Ceci dans l’optique de proposer un 1er mini EP d’ici la fin de l’année. Nous sommes un groupe de scène et avons hâte d’aller à la rencontre de notre public. Nous jouons notre premier concert le 1er octobre à FGO Barbara à Paris 18e de 17h à 20h30. Ce sera l’occasion, pour le public, de découvrir quelques-uns de nos titres et notre univers. Nous vous donnons donc rendez-vous le 1er octobre !

Propos recueillis par Juliette Fagot. 

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© @shobybrice

16 rappeuses marseillaises à (re)découvrir

Qui dit Marseille, dit hip hop ! Si la cité phocéenne est souvent désignée comme l’une des antichambres du rap français, les rappeuses qui constituent cette scène bouillonnante restent encore oubliées. Pour leur redonner leur place, Madame Rap fait la lumière sur 16 artistes marseillaises à (re) découvrir au plus vite !

Khara

Incarnation d’une nouvelle génération pleine de désirs, Khara a su créer une vision esthétique singulière au sein du rap français. Initialement chanteuse, sa rencontre avec le rap donne naissance à une expression personnelle hybride. Avec des chants envoûtants et des textes engagés, l’artiste fait naviguer son public entre spleen, introspection et rage de vivre, qu’elle tente d’exprimer à travers son art.

Keny Arkana

Guidée par la rage du peuple, la rappeuse marseillaise est sans aucun doute l’une des plus influentes du rap français. Elle débute sa carrière dans l’underground marseillais, notamment au sein de deux collectifs, Mars Patrie et Etat-Major. Son premier album Entre ciment et belle étoile est publié en 2006. Depuis, la rappeuse compte à son actif des centaines de concerts, dont un certain nombre dans la rue ou au sein de squats, en soutien aux populations opprimées du monde entier.

Lansky Namek

D’origine russe, marocaine et polonaise, Lansky Namek commence à rapper en CM1 pour combattre la dyslexie. Entre foot, graffiti, beatmaking et rap, elle fait ses armes au Cours Julien et à la Plaine à Marseille. Au fil des années, l’artiste construit le personnage de Lansky Namek : Lansky, en référence au célèbre mafieux américain Meyer Lansky et Namek, du nom de la planète dans le manga Dragon Ball Z. Éclectique, elle peut aussi bien chanter de la soul ou du punk bien énervé que du boom bap ou de la trap.

Lau Rinha

Lau Rinha est une artiste complète capable de passer du chant au rap en toute aisance. Entrée dans l’univers du hip hop grâce au breakdance, le rap s’est ensuite imposé à elle comme une évidence. Puisant dans diverses inspirations elle nous livre un savant mélange de BPM 90 et de trap.

Mareska (Ladyy Land, Veemie, Saaphyra, Tehila Ora, Léna Morgan & Nikkita)

Mareska est un collectif de rappeuses marseillaises qui s’est formé récemment, suite à la participation de plusieurs d’entre elles au remix de Bande Organisée. Composée de six membres (Ladyy Land, Veemie , Saaphyra, Tehila Ora, Léna Morgan & Nikkita), le groupe a sorti le titre Soeurs D’armes durant l’été 2021.

Molar

« Pour que j’m’en sorte je kick ça, pour kiffer ça, pour killer ceux qui m’respectent pas, les mots comme coups j’file du courage, et ouais d’la rage à celles qui s’battent. » Mi-rap mi-punk, Molar vient du fond de la gorge, s’empresse de s’emparer du mic et crache sa colère en rappant. Tout en éclaboussant la fosse, l’artiste dénote sur des instrus crades, grime drill ou trap.

Oma Done

Oma est une artiste marseillaise d’origine colombienne. À force d’écumer les opens mics de la cité phocéenne et de remporter des challenges freestyle, la rappeuse finit par assurer les premières parties d’artistes comme Lefa, Reverie ou Davodka. Elle s’essaye ensuite au studio et sort son premier EP Oma Ley en mars 2020.

Sakate

Professeure d’EPS dans les quartiers nord de Marseille depuis 15 ans, Sakate est aussi slameuse et rappeuse depuis 8 ans. Puisant son inspiration dans la rue, les cultures nord-africaines ainsi qu’à travers la poésie orientale et le soufisme, ce n’est pas un hasard si son nom de scène évoque le mot arabe Soukhout (silence). Elle porte en bandoulière les thèmes qui lui sont chers : l’esprit d’accueil aux voyageurs du monde entier et l’esprit de révolte face à ceux qui les abandonnent.

Soumeya

Enfant, Soumeya découvre le rap aux côtés de son frère, puis publie ses premiers freestyles sur Youtube à l’âge de 13 ans. Avec un flow et des textes incisifs, la MC n’hésite pas à mettre le ton pour prôner l’espoir, la tolérance, la paix et l’unité. Voix puissante, « sensible et virile », qui résonne comme un cri envers l’injustice sociale.

Tessæ

Tessæ est née en 2001 et a grandi dans une cité du XIIe arrondissement de Marseille. Enfant bizarre et rêveuse, elle commence à prendre des cours de piano très jeune mais arrête vite pour continuer seule, en autodidacte. Harcelée dès l’école primaire, elle est complètement déscolarisée et se réfugie dans la musique, comme une thérapie : elle commence à poster des covers sur les réseaux sociaux et à écrire des textes en anglais, puis très vite, en français.

Waka

Rappeuse, beatmakeuse et DJ, Waka naît au Cameroun puis arrive en France à l’âge de 8 ans. Passionnée de BD et de dessin, elle se tourne vers la musique à l’âge de 20 ans. Elle achète d’abord une guitare avec son premier salaire puis explore la musique électronique et le beatmaking. Rapidement, elle décide d’écrire des textes pour habiller ses prods et compose ses premiers titres de rap. En 2015, Waka co-fonde avec Paulo Higgins l’association Baham Arts, qui met à  l’honneur les artistes femmes, queer et racisées à travers l’organisation de festivals et de divers événements.

Juliette Fagot

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