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Bonnie : « Ma génération va changer les mœurs »

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Originaire de Seine-et-Marne, puis passée par Rennes et Toulouse avant de revenir en banlieue parisienne, la rappeuse Bonnie alimente les réseaux de clips et freestyles depuis deux ans. L’artiste (et étudiante à plein temps) nous parle de son parcours et de ses projets. 

Dans ta bio Insta, tu indiques « 77 / Rennes / Toulouse ». Peux-tu nous expliquer ces différentes localisations ?

J’ai grandi en banlieue parisienne, depuis quelques années ma mère habite à Melun, dans le 77. À la sortie du lycée, j’avais 16 ans et envie de quitter le nid le plus vite possible alors j’ai entrepris des études sur Rennes, j’y suis restée 2 ans. Je n’ai pas appris grand-chose à Rennes 2 mais j’ai rencontré une flopée de gens vraiment intéressants qui m’ont motivé à m’investir dans le rap.

Suite à ça, je suis partie à Toulouse pour bosser et commencer à investir en moi. Je n’’avais jamais sorti de son, tourné de clip ou quoi que ce soit. C’est là-bas que je me suis réellement confrontée à mes premières difficultés en tant qu’artiste.

Aujourd’hui, j’ai repris des études dans le son et je suis de retour en région parisienne, mais je garde un attachement particulier à ces deux villes, j’y suis souvent et j’ai pas mal de contacts là-bas. Puis finalement, ce serait faux de me définir comme une rappeuse parisienne plus que rennaise ou toulousaine, donc j’avais besoin de faire figurer les trois !

Quand et comment as-tu découvert le hip hop ? 

Ça va avoir l’air hyper bateau, mais quand j’étais petite mon père m’a montré 8 Mile (je devais avoir 5-6 ans) et ça m’a complètement matrixée, j’me suis mise à 200 % dans le rap très tôt. Puis, j’ai dérivé sur d’autres styles musicaux, le punk, le ska, la soul… Mais je suis une enfant du hip hop sans aucun doute.

Quels artistes écoutais-tu quand tu étais plus jeune ?

J’ai mis très longtemps à apprécier le rap français, j’étais à fond sur Tyler the Creator, Cashis, Pac … Michael Jackson aussi. À ne pas omettre, sûrement l’artiste que j’ai le plus saigné dans ma vie, il m’a ouvert l’esprit sur toutes les facettes d’un artiste, vraie source d’inspiration.

Comment travailles-tu tes textes et choisis-tu tes prods ?

Chaque texte trouve son identité, y compris dans sa conception en réalité, enfin je ne parle que pour moi bien sûr. Aujourd’hui, j’écoute très peu de musique, beaucoup d’instrus. Je ne les choisis plus vraiment, j’écoute ce qu’on m’envoie et ça tourne en boucle jusqu’au moment où, entre toutes les idées que je peux avoir, j’aperçoive la bonne.

En quoi les réseaux sociaux permettent-ils de faire évoluer ton projet musical ?

Les réseaux sociaux, c’est un berceau de créativité incroyable, ils me servent surtout à bien comprendre les tendances. Je trouve qu’on vit une époque où les gens ont peur de créer parce que « tout a déjà été fait ». En réalité, passez quelques minutes sur Instagram, sur des profils de rappeurs méconnus et indé, et vous verrez assez vite qu’il ne faut pas trop écouter les « on-dit ».

Quelles sont les femmes, connues ou pas, qui t’inspirent ?

Dans le rap français, je suis obligée de parler de Casey ! Je trouve qu’elle colle énormément à mon mental : inutile de se survendre, fais ton truc, fais-le bien et démontre-le par les actes. Pas besoin de toujours être en quête de justice parce que je suis une femme dans un milieu d’hommes, non. Si je suis douée et que je fais les choses bien, ils ne pourront plus me dénigrer sur mon genre.

Te définis-tu comme féministe ? Si oui, comment définirais-tu ton propre féminisme ? 

Évidemment que je suis féministe, l’inverse serait insensé. Après, je n’attends pas du système ou des gens qu’ils changent, je n’ai pas confiance en eux. De toute façon, je crois sincèrement que ma génération va changer les mœurs. Qui n’est pas avec nous est contre nous.

Ma position, c’est celle que je défends dans la réponse précédente : on va s’imposer. À voir si on est accueilli les bras ouverts ou si il faudra le faire de force.

Le rap est-il ta principale activité aujourd’hui ?

Archi pas, pour l’instant le rap ça me rapporte walou mdr ! Je suis étudiante, je suis une formation liée à la musique, je bosse à droite à gauche pour payer le stud et les clips. Débrouillarde à jamais !

Quels sont tes projets à venir ? En quoi le Covid impacte t-il sur ton activité ?

Avant la fin de l’année, je vais vous dévoiler mon premier projet, un EP aux influences très rap. Je voulais faire ce premier projet pour introduire la suite. Il traite notamment de mon état d’esprit quant au fait d’être une jeune artiste qui galère pour sortir du lot. J’espère que vous l’apprécierez !

Perso, le confinement m’a fait graaaand bien, si ça pouvait être comme ça plus souvent ce serait merveilleux. Après, pour monter sur scène c’est très problématique, pas de mini-tournée pour promouvoir le premier EP, c’est hyper déceptif, mais c’est comme ça. Mais je ne suis pas une artiste assez « importante » pour que l’impact soit trop violent, puis gros tu connais, nous on est comme les cafards, on survit à tout !

Que penses-tu de Madame Rap ?  Des choses à changer/améliorer ?

Changez rien les meufs, on est ensemble. Allez voir le taf de R’May sur Instagram, une sacré kickeuse. Bientôt elle et moi on va travailler ensemble, vous allez adorer !

Retrouvez Bonnie sur Instagram et Soundcloud.

© Le Grand Tissma

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