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La Prinz : « Le hip hop est la pure expression de mon être »

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Icône du rap péruvien, la rappeuse nous parle de son parcours, de la création de son ancien groupe Las Damas, de ses projets solo et de son féminisme. 

Quand et comment as-tu découvert le hip hop ?

À l’âge de 15 ans, j’écoutais surtout du rap portoricain et mexicain : Cavalucci, Winchesta, Ivy Queen et Vico C. Mais je me souviens aussi que quand j’avais 5 ans, ma mère m’a acheté des cassettes de Sandy y Papo, Lisa M, Rude Girl La Atrevida et Ledesma. Ces deux dernières artistes s’apparentent plus au reggae, mais, de mon point de vue, ces rythmes sont très présents dans le hip hop.

Puis, à 23 ans, j’ai découvert encore plus de rap dans mon pays à travers des icônes comme Callao Cartel, Rapper School, General Wayno, Lirikal Fam et Radikal People, ce qui m’a beaucoup motivé. Lors d’une performance live, j’ai découvert le hip hop en tant que mouvement mondial avec des MCs, du graffiti, des DJs, des beatmakers et des B-boys.

Comment as-tu commencé à rapper ?

Quand j’avais 15 ans, j’ai commencé à écrire mes premiers textes et à rapper devant mon miroir. J’étais une fille qui aimait lire. À l’âge de 2 ans, j’ai obtenu à l’école un diplôme pour apprendre à lire prématurément.  Petite, je prenais des journaux et les lisais comme si j’étais la narratrice. Puis j’ai mis mes textes en rythme en utilisant les cassettes que ma mère m’avait achetées tout au long de mon enfance, de 5 à 15 ans.

Quels artistes écoutais-tu quand tu étais petite ?  

Comme je l’ai dit, Sandy & Papo, Lisa M, Vico C et Ivy Queen. Du rap portoricain, du rap péruvien et du rap international, parce que je voulais continuer à développer mon oreille et mon apprentissage. J’aime la musique en général, mais c’est le rap que je préfère.

Tu as fait partie du groupe Las Damas avec la rappeuse Sky Sapiens. Comment le groupe a t’il été créé et qu’a tu appris de cette expérience ?

Le groupe s’est formé lorsque qu’on s’est réuni pour une collaboration. À ce moment-là, on ne savait pas encore qu’on allait devenir un groupe. Jusqu’au jour où on a eu l’opportunité de jouer à un événement hip hop, où Vico C, l’un des plus grands artistes hip hop hispanophones, se produisait. Sachant qu’il serait présent à ce show, il nous était impossible de le manquer. Un ami en commun nous a demandé ce qu’on ferait si jamais on avait la chance de jouer à cet événement. Et le jour du concert, un groupe connu de ma ville qui était à l’affiche a annoncé qu’il serait en retard. Comme il mettait longtemps à arriver et que les gens attendaient depuis longtemps, on est monté sur scène pour mettre l’ambiance et la chimie a opéré immédiatement.

Tu mêles différentes influences dans ta musique, allant du rap au reggae en passant par le R’n’B. Comment définirais-tu ta musique ? 

C’est du hip hop, c’est la pure expression de mon être.

Vu de France, on a l’impression qu’il y a beaucoup de rappeuses au Pérou. Est-ce le cas ? Leur est-il facile de trouver un public ?

Oui, il y a une véritable place pour les rappeuses. Chacune évolue comme elle peut et à son rythme. Je pense que c’est difficile, mais il arrive un moment où, par défaut, les obstacles tombent et tout et se met en place.

Qui sont tes rôles modèles ?

Ma mère, Ivy Queen, Ariana Puello et La Mala Rodriguez.

Te définis-tu comme féministe ? Si oui, comment définirais-tu ton propre féminisme ?

Oui, je me définis comme féministe. Je travaille avec mes enfants, et je cherche à instaurer une équité et les mêmes opportunités pour que les filles et les garçons aient un avenir meilleur.

Peut-être que les gens ne comprennent pas bien ma façon de penser sur ce sujet. En fait, je soutiens à 100 % mes sœurs qui se battent contre les injonctions machistes de la société en général.

Mais j’ai aussi des parents sourds-muets et j’ai un fils handicapé. Je pense que ça fait de moi une vraie féministe de chercher l’égalité entre nous en tant qu’êtres humains. Nous sommes tous différents, avec une apparence et des caractéristiques différentes, mais nous méritons d’avoir les mêmes opportunités et les mêmes outils pour se développer en tant qu’individus et d’être traités dignement à tous niveaux.

Quels sont tes projets à venir ?

Continuer à faire de la musique, vous aurez bientôt de mes nouvelles.

Que penses-tu de Madame Rap ? Des choses à changer/améliorer ?

On pourrait peut-être faire des entretiens via des applications en ligne pour continuer à créer des liens entre nous.

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