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Tina Mweni : « Le hip hop brise les discriminations »

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Née au Kenya et immigrée au Danemark, la rappeuse/chanteuse/poétesse/danseuse et chorégraphe Tina Mweni s’est fait connaître du grand public en 2010 grâce à l’émission Denmark’s Got Talent. Aujourd’hui installée à Marseille, l’artiste nous parle de sa vision du hip hop et de ses inspirations.

Quand et comment as-tu découvert le hip hop ? 

Dans les années 1990, quand je suis arrivée au Danemark, le peu de Noirs que j’ai rencontrés écoutaient du rap. Ils avaient des cassettes de MC Hammer et A Tribe Called Quest, c’est comme ça que j’ai appris des mouvements de danse basiques. À l’époque, je ne savais pas que c’était du hip hop, mais quelque chose dans cette tolérance culturelle, ces rythmes et cette liberté m’a accrochée.

Tu es chanteuse, rappeuse, poétesse, danseuse et chorégraphe. Quel est le point commun entre toutes ces pratiques ?

L’expression, l’honnêteté, l’individualité et les inventions. La capacité à inspirer.

Comment décrirais-tu ta musique ?

Sans étiquette et sincère.

Tu es née au Kenya, as immigré à Copenhague et vis aujourd’hui à Marseille. En quoi tes origines kenyanes influencent-elles ta musique ?

Techniquement, ça me pousse à innover, mais ça me rappelle aussi de ne jamais oublier d’où je viens, d’un milieu modeste.

Ton titre Groupthink parle du fait que des gens qui sont en désaccord avec un groupe ont tendance à rester silencieux. Est-ce que tu dirais que le « pensée de groupe » est encouragée par notre société contemporaine ?

Malheureusement oui, bien plus que nous le pensons.

Selon toi, le hip hop peut-il être un outil politique ?

Oui, le hip hop brise les discriminations, crée des emplois et connecte les gens au-delà des classes sociales.

Te définis-tu comme féministe ?

Sans trop m’en rendre compte, j’ai découvert que j’étais féministe parce que je pense qu’une approche non-violente et respectueuse des gens n’a pas de genre. 

Qui sont tes rôles modèles ?

Lauryn Hill parce qu’elle est fidèle à ses principes, Nina Simone, parce qu’elle était courageuse, Jill Scott, parce qu’elle maîtrise son art, Erykah Badu, parce qu’elle reste originale quelle que soit l’époque, et Michelle Obama, parce qu’elle est l’illustration qu’être une femme intelligente est cool !

Quels sont tes projets à venir ?

Mon album Nakiyimba, Dou avec Jonathan Soucasse et une collaboration avec Christophe Dal Sasso.

Que penses-tu de Madame rap ? Des choses à changer/améliorer ?

J’adore ! Vous êtes inspirantes et fortes. Continuez parce qu’on est plus fortes ensemble !

Retrouvez Tina Mweni sur son site,  Facebook et YouTube.

© Msv-foto

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