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30 chansons de rappeuses qui ont marqué 2019

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Ça y est, il fait nuit à 16h30, vous avez juste envie de rouler dans votre couette tel un nem, vous êtes déjà à découvert et vous avez bingé tout Netflix (sauf les nanars de Noël que vous gardez pour plus tard) ?  La période des fêtes est arrivée !

Pour célébrer la fin de cette riche année qui a vu moult nouveaux talents et projets émerger, voici la sélection de Madame Rap de 30 chansons de rappeuses internationales qui ont marqué 2019. Au programme trap, cloud, afro trap, pop-rap, rap conscient, boom bap, emo, crunk, grime, drill, old school et plus encore. Chaussez donc vos casques ou écouteurs intra-auriculaires pour découvrir ces 30 titres de 34 artistes (de toutes identités de genre et orientations sexuelles) et de 15 pays différents !

Agsy – Sherni (Inde)

Originaire de l’Haryana, dans le nord de l’Inde, Agsy commence à chanter à l’âge de 10 ans avant de tomber dans le rap, ce qui lui vaut une brouille avec ses oncles et tantes. À aujourd’hui 21 ans, l’artiste féministe connue pour ses punchlines anti-patriarcat étudie le commerce à l’Université de Dehli, un lieu largement dominé par les hommes.

Brandie Blaze – Model (États-Unis)

Queer, ronde et noire, la rappeuse de Boston relate régulièrement les discriminations rencontrées par les femmes dans l’industrie musicale dans ses textes. Avec cette ode au body-positivisme issue de son premier album à venir Late Bloomer, Brandie Blaze explore ses thématiques bien-aimées : l’acceptation de soi et l’inversion des rapports de pouvoir.

Cali Hendrix, Mika Luciano & Lil Keisha – Racks (États-Unis)

Ces trois MCs, qui officient chacune depuis plusieurs années à Chicago, se réunissent sur ce titre explosif produit par Lance Crawford, un autre acteur de la scène hip hop locale. Ce titre – qui à cet instant ne comptabilise que 1595 vues sur Youtube ??!! – est un condensé de flows de feu et de punchlines mordantes. On leur souhaite beaucoup de « racks » (« plusieurs milliers de dollars en cash »).

Chanmina – I’m A Pop (Japon)

Surnommée la Beyonce de Nerima (un quartier de Tokyo), cette artiste majeure de la scène hip hop japonaise joue du piano, danse et produit depuis son enfance. Trilingue, Chanmina rappe avec autant d’aisance en coréen, en japonais et en anglais et nous embarque dans son mode lollipop trash aux prods bien léchées.

Chynna – iddd (États-Unis)

C’est en voyageant régulièrement avec son ancien métier de mannequin que cette rappeuse de Philadelphie s’est imprégnée de sonorités hétéroclites (elle cite tant comme influences Mobb Deep et Me’Shell N’degeocello que Melissa Ethridge et Incubus). Dans ce titre, elle raconte son addiction passée aux opaciés et son combat pour rester abstinente.

Devmo – Change My Mind (États-Unis)

D’origine irlandaise (son oncle était danseur de claquettes traditionnelles), Devmo a grandi à Santa Monica et vit aujourd’hui à Los Angeles. Après avoir fait les premières parties des rappeuses Angel Haze et Snow Tha Product, la MC est devenue l’une des figures phares de la scène californienne grâce à ses concerts enflammés et sa vibe emo, à la fois mélodique et mélancolique.

Dope Saint Jude – Inside (Afrique du Sud)

C’est en évoluant dans la communauté drag king pendant ses études que Dope Saint Jude a construit son personnage de rappeuse. Ce titre lumineux retrace son enfance dans un quartier défavorisé du Cap et évoque sa lutte pour les droits des filles. En effet, l’artiste queer a lancé en 2018 un magazine d’art pour financer l’accès à l’éducation et la scolarisation des enfants.

Ekloz – Dimension (France)

Originaire de Sète et basée à Montpellier, la rappeuse Ekloz s’est fait remarquer au Demi Festival l’été dernier. À seulement 20 ans, l’artiste explore différentes esthétiques et a déjà un grand nombre de scènes dans les pattes. Son premier projet Dimension est sorti hier, allez l’écouter !

Fanny Polly – One Shot (France)

Première rappeuse signée chez Scred Connexion, Fanny Polly a sorti cette année son premier album Toute Une Histoire dans lequel on retrouve aussi bien du boom bap que de la trap, de l’afro-trap et des envolées rock n’ roll. On retrouve ici sa plume incisive et son crew de danseuses X-pression Art d’corps qui l’a accompagnée de son sud natal à Paris, où elle vit désormais.

Haviah Mighty – Blame (Canada)

Basée à Toronto, Haviah Mighty s’est fait connaître il y a quelques années avec le groupe de rappeuses The Sorority. Ce single, extrait de son premier album solo 13th Floor, démontre l’ampleur de ses qualités de MC et de productrice. « Il y a de l’énergie, du fun, et à la fin du morceau, un changement de prod qui montre ma singularité. »

Illustre – Les mains bleues (France)

Originaire de Clermont-Ferrand, Illustre commence à écrire à 14 ans, d’abord des poèmes, puis des slams, avant de se mettre au rap. Sur scène, la MC se distingue par ses shows énergiques et sensibles et fait la première partie de Kery James, Casey et Youssoupha. La rappeuse sort son premier EP Les Mains Bleues en avril 2019 et travaille actuellement sur un album, prévu pour début 2020.

Jey Lowcy – Dans le truc (France)

Danseuse, chorégraphe et rappeuse, Jey Lowcy a fait ses classes à Brest avec le groupe de danse hip hop TSC (Tous Styles Confondus). Après plusieurs formations poussées à Paris, elle fonde son propre crew de danse, les « Bad Gals », et se lance dans le rap avec ce première titre haut en couleurs produit par DJ Idem et BIG FACTORY RECORDS.

Lansky Namek – Arkham (France)

D’origine russe, marocaine et polonaise, Lansky Namek rencontre le hip hop au Cours Julien et à la Plaine à Marseille. Rappeuse, graffeuse, productrice, footballeuse et boxeuse, cette artiste qui se définit comme humaniste explique qu’elle peut « aussi bien chanter de la soul, du punk bien énervé que du boom bap ou de la trap. » La preuve avec ce premier clip en hommage à sa passion pour les comics (et Batman), où elle raconte son incompréhension vis-à-vis de notre société.

Lava LaRue – TLSL (Stitches) (Royaume-Uni)

Élevée par sa grand-mère puis trimballée de foyer en foyer, la rappeuse de West London découvre la musique à l’âge de 16 ans. À l’université, elle fonde NINE8, un collectif de 15 musiciens, producteurs, artistes et designers qui lui inspirent son style néo soul lo-fi, son flow nonchalant et ses beats cotonneux.

Le Juiice – Trap Mama (France)

Biberonnée aux rappeuses américaines, Le Juiice est une véritable machine à punchlines. Originaire de Côte d’Ivoire et basée à Boissy-Saint-Léger (94), l’auto-proclamée « Trap Mama » fait ce qu’elle appelle de la « juicy trap, avec des sonorités un peu enfantines sur quelques titres et parfois des mélodies plus sombres ».

Leys – Makelele (France)

Originaire de Reims, la rappeuse au timbre rocailleux très reconnaissable abreuve les réseaux de freestyles depuis deux ans. Avec ce morceau qui rend hommage à la star du foot Claude Makelele, la jeune MC démontre qu’elle se balade sur tous les styles et confirme son statut de lyriciste et kickeuse émerite.

Medusa TN – Heads Down (Tunisie)

Souvent présentée comme la première rappeuse tunisienne, Medusa TN s’est fait connaître pendant le Printemps Arabe avec son titre Tounsiya, fière de l’être, hymne à l’émancipation des femmes dans les pays arabes. Depuis ce succès, la MC s’est installée en Ile-de-France et a multiplié singles et concerts, avec notamment une tournée aux États-Unis.

Mina La Voilée – Girl Power (Sénégal)

Rappeuse, féministe et militante contre le viol, Mina La Voilée incarne l’un des nouveaux visages du hip hop sénégalais. L’artiste, qui comme son nom l’indique, porte le voile, rappelle que ce choix « n’est pas en contradiction avec le fait qu’elle rappe. » Avec l’empuissantisant Girl Power, elle célèbre les femmes dans le rap et dans le monde entier.

Neelam – Fight Or Die feat. DeStorm Power (États-Unis)

Née à Seattle et installée à Los Angeles, Neelam se fait remarquer en 2018 avec son freestyle challenge What Y’all Wanna Do qui devient rapidement viral et lui vaut les compliments de P. Diddy et Will Smith. À travers son rap et sa ligne de vêtements, elle prône un féminisme inclusif et intersectionnel et milite pour l’acceptation des femmes noires musulmanes aux États-Unis.

Pearly & MBK Doe – Street Conscience (France)

Grâce à son flow incisif et un savant mélange de trap et de rap conscient, Pearly a remporté cette année la première édition du tremplin RappeuZ. Sur ce titre, la MC de Paris 20e est accompagnée de son acolyte MBK Doe, auto-proclamée artiste de « rapditionnel », un mariage de rap et musique traditionnelle africaine.

Rocket – Call My Name (Chine)

Avec ce clip obscur et vampirique, sorti à l’occasion de Halloween, la rappeuse chinoise nous plonge dans son univers goth trap qui mixe flow cadencé et mélodies. Vu qu’on ne parle pas chinois, si quelqu’un·e peut nous traduire, on prend, merci !

Ruby Red – Bienvenue dans l’party (Remix) / Meurtre lyrical (Québec)

Après un premier EP au printemps et une apparition sur la compilation Chickstape Vol. 1, la rappeuse montréalaise est de retour. Avec ce titre en 2 volets, qui s’ouvre sur un remix de Welcome to the Party du rappeur américain Pop Smoke, Ruby Red démontre sa technicité et sa capacité de passer d’un style à l’autre tout en gardant son côté badass.

Ryaam – Kamala Khan (France)

Avec Kamala Khan, la rappeuse de Paris 20e rend hommage à la première super-héroïne musulmane créée par Marvel. Ce titre est le premier extrait d’une série de freestyles dédiée aux femmes racisées qui ont inspirée Ryaam et vise à mettre en valeur « leur capacité de résilience, leur détermination et leur engagement

Sara Hebe & Sasha Sathya – A.C.A.B. (Argentine)

Rappeuse iconique en Argentine, Sara Hebe agite depuis dix ans la scène hip hop latino-américaine avec son rap politique qui mêle punk et cumbia. Rejointe sur ce titre par Sasha Sathya, activiste hip hop, lesbienne, trans et travailleuse du sexe, elle y dénonce les violences policières et les discriminations sexistes.

Skyna – Bye Bye (France)

Originaire de Grasse (06), Skyna oscille entre rap « engagé » et ego trip mais se dit capable de « poser sur n’importe quel style d’instrumental du moment que ça (l)’inspire. » Ce titre ironique marque le retour de la MC et dénote une maîtrise évidente. « On me demandait : « quand est-ce que tu ressors un morceau ? » Je répondais que bientôt je reprendrais les bails, donc le refrain du morceau était inévitable. »

Starrlight – Neila (Pays-Bas)

Depuis ses premiers textes à 14 ans, Starrlight n’a jamais cessé d’écrire. Avec ses rimes corrosives et son flow aiguisé, l’artiste néerlandaise raconte être devenue rappeuse notamment pour démontrer que certaines activités n’étaient pas réservées aux hommes. Artiste de live avant tout, on a notamment pu la découvrir en première partie de Yarah Bravo et Onyx.

Tracy De Sà & KT Gorique – Wall’s Profound (France/Suisse)

Avec ce titre énergique, qui avouons-le, donne un peu envie d’organiser une demolition party, les deux rappeuses démontrent toute leur virtuosité.  D’un côté, le Tracy De Sà (naissance en Inde, enfance au Portugal, adolescence en Espagne et aujourd’hui basée à Lyon) et son rap dansant qui emprunte au flamenco, au reggaeton et au R&B. De l’autre, KT Gorique, championne du monde du End of the Weak World 2012, première et seule femme et première Suisse à avoir remporté cette compétition de freestyle, qui est chez elle derrière un micro.

Tribade – Afilando las Tijeras (Espagne)

Elles s’appellent Bittah, Sombra Alor et Masiva Lulla. Avec le DJ Big Mark, elles forment le groupe de rap barcelonais Tribade qui a vu le jour en 2017. Sur de prods bien énervées, le trio féministe queer dénonce le patriarcat, le racisme, le capitalisme et les oppressions qu’ils perpétuent.

Wangechi – Sana Sana (Kenya)

Après des débuts remarqués en 2013, la rappeuse de Nairobi a disparu un temps de la scène hip hop après un grave accident de voiture. Sa longue convalescence n’a en rien entamé son talent, faisant d’elle l’une des rappeuses majeures du pays avec son aînée et rôle modèle Nazizi. On retrouve ici son « rap urbain hybride » avec « autant de punchlines que de narration. »

Yugen Blakrok – Picture Box (Afrique du Sud)

Figure phare du rap sud-africain, Yugen Blakrok se fait remarquer du grand public en 2018 avec sa participation à la BO du film Black Panther. Véritable ode à l’éveil spirituel, Picture Box reflète son univers sombre fait de sons et de mots et dénonce l’omniprésence des médias, qui remplacent la parole et parasitent les échanges humains.

Et comme on est sympa (même si on est féministe), on vous a aussi concocté une playlist ici

Joyeux Noël avant l’heure !

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