Interview – Blimes Brixton : « Les Queers en ont eu assez que la musique qu’ils aiment ne soit jamais écrite de leur point de vue »

Est-ce qu’il faut t’appeler Blimes Brixton ou Oh Blimey?

Blimes Brixton. Oh Blimey est mon précédent nom de scène. J’ai l’impression d’avoir beaucoup grandi au cours des dernières années en tant qu’être humain et auteure et je voulais que ma carrière reflète ces changements.

Comment et quand as-tu découvert le hip hop ?

J’ai découvert le hip hop quand l’une de mes baby sitters m’a dit qu’elle voulait bien que j’écoute son radio cassette si je ne répétais pas qu’elle fumait. Elle avait l’album Marshall Mathers et je l’ai écouté du début jusqu’à la fin. J’étais accro à son côté dangereux et rebelle. Après ça, j’ai chopé toutes les cassettes de hip hop que je voyais passer. Dr. Dre, Snoop Dogg, Blackalicious, Andre Nickatina, Too Short, Jurassic 5, Jay Z, Digital Underground, Missy Elliott, et la liste continue…

Tu as remporté une série de battles de rap. En quoi cet art est-il différent des performances « classiques » ?  

C’est très différent. Quand je fais un concert, j’ai l’impression de pouvoir soulever le public, les autres artistes et moi-même de manière positive. Quand je faisais des battles, j’avais l’impression que pour gagner et être aimée, je devais écraser les autres. Ca ne faisait pas écho à la personne que je suis vraiment. Je suis fondamentalement féministe, foncièrement antiraciste, et j’aime juste les gens. J’avais l’impression de perpétuer la haine en me retrouvant dans cette arène. Je ne vais pas mentir et dire que ça ne me faisait pas du bien de gagner, mais quand je préparais mes battles, ça ne valait pas le coup de me concentrer sur toute cette négativité, pas seulement envers mon adversaire mais aussi envers moi-même.

Peux-tu nous raconter l’histoire du titre « Old Habits » ?

« Old Habits » parle du fait de revenir en terrain familier, là où je vendais de la drogue pour m’en sortir, et de reprendre contact avec un vieil amour qui invoque encore notre histoire passée pour obtenir les substances que je lui fournissais.

La scène féminine hip hop de Los Angeles semble prospère. Comment décrirais-tu le rôle des femmes sur cette scène ?

Elle l’est. Non seulement elle est très dense, mais elle est aussi très unie, ce qui est incroyable. Il y a cinq ou dix ans, il n’y avait rien de tout ça. Les femmes avaient l’impression qu’elles étaient toutes en compétition pour une seule place détenue par le mainstream, mais maintenant, avec les yeux grands ouverts, nous acceptons l’idée d’être des entités plus puissantes que nos ennemis. Le rôle des femmes sur cette scène est d’exceller. Notre moment est venu.  C’est notre tour. On ne peut plus laisser ces hommes avoir la vie facile. On doit leur faire savoir que nous sommes vraiment la concurrence. Les femmes déchirent à L.A. en ce moment.

Le hip hop est souvent perçu comme sexiste et homophobe. Comment le rap est-il perçu dans la communauté LGBT et vice versa ?

En fait, le hip hop se porte très bien dans la communauté LGBT, plus que jamais, et c’est magnifique. Je pense que les Queers en ont eu assez que la musique qu’ils aiment et qu’ils écoutent ne soit jamais écrite de leur point de vue. Aujourd’hui, tu peux trouver des soirées et des festivals qui nous donnent une voix, avec des artistes queer comme Le1f , TT The Artist et moi en tête d’affiche, et ça fait du bien.

Te considères-tu féministe ? Pourquoi ?

Oui. Parce qu’on peut faire tout ce que les hommes font.

Qu’écoutes-tu en ce moment ?

J’ai écouté les dernières étapes du mix et du mastering de « Dodgy », le nouvel EP de Gavlyn et moi, avec des tonnes de modifications haha. Quand j’ai la chance de faire une pause, j’écoute Anderson .Paak , Majid Jordan, Gallant, Chance the Rapper, Etta Bond, ScHoolboyQ ou des copains comme Gavlyn, Olivia Braga, Adam Vida …

Quels sont tes projets à venir ?

« Dodgy »! Avec des clips et une sortie officielle pour bientôt. Je vais sortir le premier single dans les deux prochains mois, puis le projet entier quand Gavlyn et moi aurons fini notre tournée à la fin du mois de septembre.

Que penses-tu de Madame Rap ? Des choses à changer/améliorer ?

J’adore. Je crois que beaucoup de gens, et pas seulement des femmes, cherchent où trouver des super rappeuses parce qu’il existe bien plus de femmes qui font de la musique que les cinq connues du grand public. Continuez comme ça ! Faites aussi de la pub sur d’autres blogs hip hop pour gagner plus de visibilité et petit à petit, tout le monde vous connaîtra ! Je continuerai à vous lire.

Retrouvez Blimes Brixton sur son siteFacebookSoundcloud et Twitter.

Éloïse Bouton

Read the interview in English here.

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