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Le Juiice : « Avec la trap, on est moins moralisateurs que les anciens »

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Depuis ses débuts en 2018, Le Juiice a su fédérer une solide fanbase sur les réseaux. Originaire de Côte d’Ivoire et basée à Boissy-Saint-Léger (94), l’auto-proclamée « Trap Mama » nous a parlé de rap, et surtout de trap. 

Comment as-tu découvert le hip hop ? 

J’ai découvert le rap et le hip hop via des chaînes telles que MTV mais aussi dans des magasins comme la FNAC. On allait au rayon rap/hip hop pour écouter de la musique. Ensuite, j’ai écouté des mixtapes et des compilations. 

Je ne m’imaginais pas faire du rap.

Comment as-tu commencé à rapper ?

J’ai commencé à rapper de manière très spontanée et un peu pour rire. Je ne m’imaginais pas faire du rap. C’était plus pur rigoler. J’ai posté des freestyles et de vidéos sur les réseaux. Après, ça s’emballe, les gens aiment bien et ça suit. 

Quel·le·s sont les artistes qui t’ont inspirée ?

J’écoute beaucoup de rappeuses américaines que ce soit des rappeuses plus anciennes comme Queen Latifah, Da Brat, Lil’ Kim ou Foxy Brown et plus récentes comme Megan Thee Stallion, Mulatto, Cardi B et Kash Doll.

Comment définirais-tu ta musique ?

Je fais de la trap. J’appellerais ça de la « juicy trap », avec des sonorités un peu enfantines sur quelques titres et parfois des mélodies plus sombres.

Tu es très prolifique sur les réseaux et sors régulièrement des clips et des freestyles. Comment fais-tu ? Est-ce que tu as des titres déjà prêts en réserve ? Est-ce que tu enregistres régulièrement ? 

J’enregistre régulièrement en studio, au minimum une fois par semaine. Ce n’est pas toujours évident de trouver le temps de le faire. Mais pour moi, je ne suis pas encore assez productive, je considère que ce n’est pas suffisant !

La trap est la musique hip hop qui me ressemble le plus.

Comment écris-tu tes morceaux ? Commences-tu par écrire ou par écouter des prods ?

Je n’ai pas vraiment de schéma classique pour écrire, c’est plus une question d’instant. Je peux avoir des idées de lyrics quand je suis dehors et les mettre de côté. Je peux sélectionner une prod, l’écouter et commencer à écrire dessus selon l’endroit où je me trouve.

Tu te présentes souvent comme la « Trap Mama » dans tes textes. Qu’est-ce que le trap a de particulier pour toi ?

Quand j’ai commencé, les prods que je choisissais étaient souvent de la trap, c’est pour ça que je me suis proclamée « Trap Mama ». Pour moi, la trap est la musique hip hop qui me ressemble le plus.

Je pense que c’est la trap qui ouvre l’esprit des nouvelles générations, des anciennes et d’un certain types de personnes. Par exemple, aujourd’hui, des jeunes issus de la culture rock peuvent écouter du rap parce que la trap peut avoir des sonorités rock’ n’ roll. C’est un nouveau mouvement qui a débuté il y a quelques années et qui va s’installer. Je pense que le mot « rap » va être remplacé par le mot « trap ».

Au niveau des sonorités et des rythmiques, la trap est différente du rap. Avec la trap, on veut juste s’amuser, délirer, rêver, oublier nos problèmes et on est moins moralisateurs que les anciens. C’est différent de la scène rap un peu consciente qui pouvait exister avant. 

Je suis une femme et c’est déjà beaucoup.

Quelles sont les femmes qui t’inspirent ?

La première est ma mère, sans hésitation. Elle incarne le courage, l’humilité et la force d’esprit. Ensuite, il y a des personnalités telles que Rihanna, Michelle Obama et l’actrice américaine Taraji Henson. Ce sont des femmes qui se sont battues et sont aujourd’hui des icônes dans leurs domaines.

Tu as mis un emoji arc-en-ciel dans la bio de ton profil Instagram. Qu’est-ce que cela signifie ?

C’est une marque de soutien à la communauté LGBT, tout simplement.

Te définis-tu comme féministe ?

Pas du tout. Je suis une femme et c’est déjà beaucoup, je n’ai pas besoin d’être classifiée comme féministe. Je préfèrerais le terme « humaniste » avant tout.

Être féministe, c’est simplement être soi, faire ce que l’on veut quand on veut, avoir sa propre morale. Deux féministes peuvent avoir différentes opinions et différentes morales tout en étant féministes quand même. Être féministe, ça ne veut rien dire en vrai. Les gens peuvent se proclamer féministes, panafricains, tout ce que tu veux, et se mettre dans des cases, mais l’être humain défend simplement ses intérêts. Moi, je défends mes intérêts et ceux de ma famille avant tout.

Quels sont tes projets à venir ?  

Sortir une mixtape, faire des clips et simplement faire de la musique, sans me prendre la tête.

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