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BRÖ : « Ma musique est encore en cours de définition »

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Lauréate de STRI-IT 2018, dispositif d’accompagnement d’artistes organisé par Le Studio des Variétés et YouTube, BRÖ a fait du chemin en un an. La rappeuse/chanteuse/musicienne de 24 ans, qui a grandi aux Lilas et à Levallois-Perret, sort son premier EP Klaus le 15 novembre. Rencontre. 

Comment as-tu commencé à rapper et quel·le·s sont les artistes qui t’ont inspirée ?

J’ai d’abord surtout chanté dans des groupes et sur des petits projets à droite à gauche pendant que je faisais mes études de droit. Un jour en 2016, on m’a invitée sur un feat avec un groupe de rap. J’ai fait le refrain. Les gars ont vraiment accroché avec mon délire et ils m’ont proposé d’écrire un couplet. Je me suis alors essayée au rap. Après, ça je roulais avec eux et ils m’ont initiée à des freestyles…

Ma première inspiration en matière de rap était Kid Cudi (et par extension Kanye West). Pour ce qui est du rap français, j’ai saigné le Klub des Loosers et Orelsan quand j’étais au lycée. C’était un peu les références en matière de rap de classe moyenne. Petit à petit, je me suis ouverte à tout le reste. Aujourd’hui, j’écoute aussi beaucoup de rap italien par exemple.

Comment définirais-tu ta musique ?

Je dirais que ma musique est encore en cours de définition. C’est du rap mais il y a une touche de soul, de chanson française et de pop.

Tu viens de sortir le titre Aime Moi. De quoi parle-t-il ?

C’est une chanson un peu contradictoire en fait. Elle est pleine de regrets et de résilience en même temps. Dedans, je me désole d’avoir perdu quelqu’un que j’aimais par manque de sacrifice. Mais d’un autre côté, je me félicite de ne pas avoir cessé de m’aimer pour autant. Peut-être que le prix de l’amour de soi, c’est un peu de solitude.

Comment écris-tu tes morceaux ? Commences-tu par écrire ou par écouter des prods ? Est-ce que tu travailles régulièrement avec certains producteurs ?

Je n’ai pas de méthode de travail. J’écris des textes que je mets ensuite en musique et j’écoute des prods qui m’inspirent des textes. Tout est possible.
Pour mon EP Klaus qui sort le 15 novembre, j’ai travaillé avec le même beatmaker Gaëtan Sadi. Pour ce qui est de la suite, je roule avec Jules et Elie, qui sont mes musiciens sur scène. On commence déjà à bosser sur le projet numéro 2.

Tu as participé l’année dernière au dispositif d’accompagnement STRI-IT organisé par le Studio des Variétés et YouTube. Pourquoi as-tu envie d’y participer et qu’est-ce que cela t’a apporté ?

J’y ai participé complètement par hasard. Je ne réalisais pas du tout l’ampleur et la qualité du dispositif. Ça m’a apporté énormément de choses et notamment de la confiance en moi. J’ai compris qu’être artiste était un métier comme un autre. Ça m’a rassurée. Depuis cette expérience, je me suis lancée à fond dans la musique. Les formateurs du Studio des Variétés sont des gens vraiment exceptionnels et compétents et je continue d’y aller cette année pour progresser encore.

Quelles sont les femmes, connues ou pas, qui t’inspirent ?

Je suis inspirée avant tout par ma grand-mère. Elle m’a montré comment être libre. Aujourd’hui, les femmes qui m’inspirent sont Blanche Gardin, ma pote Lisa Tréger qui est comédienne et metteuse en scène, M.I.A, Alicia Keys et le personnage de Nola Darling.

Te définis-tu comme féministe ? 

Je suis bien plus inquiétée par le capitalisme que par le sexisme parce que je crois que notre sexisme moderne puise sa source dans ce système économique qui arrive à expiration. Je suis féministe par principe mais ce n’est pas le combat qui me paraît être le plus urgent puisqu’il ne trouvera pas sa solution tant que le concept même de hiérarchie sera concevable par notre civilisation. L’Humain se déifie en asservissant l’autre et en asservissant la terre. La femme est un symbole de la terre par sa fertilité, elle subit donc par ricochet l’idée de hiérarchie qui selon moi n’a pas lieu d’être. Peu importe où.

Quels sont tes projets à venir ?

Je sors mon EP Klaus le 15 novembre. Je serai également en tournée en novembre et décembre, notamment en première partie de Kikesa. On se croisera aussi à la Boule Noire le 14 novembre avec Fils Cara et aux Bars en Trans le 7 décembre.

Que penses-tu de Madame Rap ? Des choses à changer/améliorer ?

Je trouve que l’initiative de Madame Rap est mortelle. J’ai découvert pas mal d’artistes à travers ce média. Ne changez rien, restez sincère. Il en faut pour tous les goûts.

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Photo © Victor Malecot

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